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Le Petit Vaisseau Personnel, histoire du scaphandre spatial

Il y a une photo qui résume tout : un petit point blanc contre le noir absolu de l’espace, suspendu au-dessus de la Terre qui s’étend comme une toile infinie sous ses pieds. Pas de câble. Pas de navette visible. Juste un homme seul, à 98 mètres de la navette Challenger, flottant librement dans le vide avec pour seule protection un scaphandre blanc et un jet-pack d’azote fixé dans son dos. C’est Bruce McCandless II, le 7 février 1984, devenant le premier humain à voler sans attache dans l’espace. La photo, prise par le pilote Robert « Hoot » Gibson, deviendra l’une des images les plus iconiques de l’histoire spatiale, un symbole de liberté absolue, de victoire technique, d’accomplissement ultime. Mais pour en arriver là, pour transformer un simple vêtement en vaisseau spatial miniature capable d’offrir cette liberté vertigineuse, il a fallu surmonter une série de défis mortels qui ont failli coûter la vie aux premiers pionniers. Parce que le scaphandre spatial, ce n’est pas qu’un costume : c’est un champ de bataille permanent entre la pression du corps humain et le vide qui veut tout détruire.

Sortie extravéhiculaire de Bruce McCandless II en 1984.

Le 18 mars 1965, le cosmonaute soviétique Alexeï Leonov devient le premier être humain à sortir dans l’espace, équipé du scaphandre Berkut pour une sortie de douze minutes depuis le Voskhod 2. C’est un triomphe de propagande pour l’URSS, une première historique diffusée en boucle, une preuve de plus que les Soviétiques dominent la course spatiale. Mais ce que les images officielles ne montrent pas, c’est l’enfer que Leonov vit en direct à l’extérieur de son vaisseau. Dans le vide spatial, son scaphandre se transforme en ballon. La pression interne de 0,4 bar, nécessaire pour maintenir son corps en vie, fait gonfler le tissu sans rien pour le comprimer de l’extérieur. Le scaphandre devient rigide, énorme, incontrôlable. Ses mains glissent hors des gants, ses pieds sortent des bottes, il ne peut même plus atteindre le déclencheur de son appareil photo fixé sur sa poitrine. Sa température corporelle grimpe de 1,8 °C en vingt minutes, le poussant dangereusement vers le coup de chaleur. Et le pire arrive quand il doit rentrer : le sas gonflable du Voskhod 2 fait 1,2 mètre de large, et Leonov, dans son scaphandre ballon, ne passe plus. Il est coincé à l’extérieur, seul, face au vide, avec l’oxygène qui descend. Alors il prend une décision désespérée : il bascule la valve de décompression de secours de son scaphandre, réduisant la pression de 0,4 bar à 0,27 bar, un niveau dangereusement bas qui le place sous les limites de sécurité établies. Il sent la douleur dans ses membres tandis que l’air s’échappe, mais le scaphandre se comprime assez pour qu’il puisse se glisser de justesse dans le sas. Il survivra. Mais il ne signalera jamais l’incident au contrôle au sol par peur que les Soviétiques ne l’abandonnent plutôt que de risquer une opération de sauvetage compromise. La rigidité est l’ennemi numéro un.

Trois mois plus tard, le 3 juin 1965, les Américains répondent avec leur propre première sortie spatiale : Ed White sort du Gemini 4 pendant vingt-trois minutes, équipé d’un pistolet à gaz comprimé pour manœuvrer au bout de son câble de huit mètres. Et contrairement à Leonov, White vit le moment le plus heureux de sa vie. Il flotte, tourne, teste son pistolet, prend des photos, et quand le contrôle au sol lui ordonne de rentrer, il refuse : « Je ne rentre pas, c’est trop bien ! » Le commandant James McDivitt doit insister plusieurs fois avant que White ne se résigne enfin à regagner la capsule. En rentrant, épuisé mais radieux, White dit à McDivitt : « C’est le jour le plus triste de ma vie. » McDivitt répondra plus tard que White avait l’air « comme dans le ventre de sa mère » tellement il était à l’aise dans le vide. Mais cette euphorie ne durera pas. Parce qu’un an plus tard, le 5 juin 1966, Gene Cernan va découvrir que la mobilité dans un scaphandre sous pression n’a rien d’une promenade.

EVA de Ed White lors de Gemini 4

Cernan sort du Gemini 9 avec une mission ambitieuse : tester l’Astronaut Maneuvering Unit, un jet-pack dorsal propulsé au peroxyde d’hydrogène, attaché à l’extérieur de la capsule. Pour se protéger des jets brûlants du moteur, Cernan porte des pantalons en cotte de mailles, comme un chevalier spatial. Mais il n’a ni poignées, ni points d’appui stables pour se stabiliser, et dans le vide, chaque mouvement provoque une rotation incontrôlable. Cernan s’épuise à essayer de se positionner, à lutter contre son propre scaphandre qui résiste à chaque geste. Son rythme cardiaque explose jusqu’à près de 200 battements par minute, un niveau potentiellement mortel. Son système de refroidissement fonctionne mal, la sueur s’accumule dans le bas de sa combinaison, et il perdra finalement six kilos de fluides pendant la sortie. Sa respiration haletante embue complètement son casque, et il doit utiliser son nez pour dégager une minuscule fenêtre de vision. Après deux heures d’efforts épuisants, Cernan n’a toujours pas réussi à atteindre le jet-pack pour l’activer. La mission est un échec complet. Le précieux AMU, qui a coûté dix millions de dollars, est largué dans l’espace, inutilisé, avant la rentrée atmosphérique pour éviter que son carburant explosif ne pose problème. Le dos du scaphandre de Cernan est déchiré, les coutures internes sont déchirées, et il souffre de brûlures sévères dues au soleil. La leçon est brutale : dans l’espace, sans mobilité, sans refroidissement, un scaphandre devient une prison mortelle.

C’est à ce moment que les ingénieurs aérospatiaux, habitués aux métaux, aux alliages, aux structures rigides, se trouvent face à un problème qu’ils ne savent pas résoudre : comment rendre un vêtement sous pression capable de plier ? Comment faire en sorte que les articulations restent souples alors que la pression interne pousse constamment le tissu vers l’extérieur, comme un ballon qui refuse de se comprimer ? Les grandes firmes industrielles comme Hamilton Standard et Litton Industries, spécialisées dans les systèmes de survie et l’aéronautique, proposent des solutions rigides, des articulations mécaniques, des systèmes lourds et complexes. Et puis, en 1962, quand la NASA lance l’appel d’offres pour le scaphandre lunaire du programme Apollo, une candidature inattendue arrive : ILC Dover, une division d’International Latex Corporation, la maison-mère de Playtex, le fabricant de soutiens-gorge et de gaines féminines. L’idée paraît presque insultante pour les géants de l’industrie. Mais ILC Dover a un atout secret : ses couturières savent façonner des tissus élastiques qui maintiennent une pression tout en restant souples, parce que c’est exactement ce qu’une gaine fait sur le corps d’une femme. Et elles vont utiliser ce savoir-faire pour créer le scaphandre A7L, celui qui équipera tous les astronautes d’Apollo, y compris Neil Armstrong lors du premier pas sur la Lune.

Le scaphandre A7L est un chef-d’œuvre de couture de précision. Vingt et une couches de tissus fins comme de la gaze, superposées, cousues, assemblées avec une tolérance de moins de 0,4 millimètre par point. Le tissu coûte environ 3 000 dollars le mètre, et chaque erreur de couture peut compromettre l’étanchéité, la résistance, la survie de l’astronaute. Les couturières, recrutées de chez Playtex mais aussi d’usines de bagages et de vêtements locales, travaillent lentement, méticuleusement, inspectant chaque couture avant de passer à la suivante. Parmi elles, des femmes comme Hazel Fellows, Jeanne Wilson, Eleanor Foraker, Anna Lee Minner, Joanne Thompson, Lillie Elliott, Ruth Anna Ratledge. Eleanor Foraker deviendra superviseure et mettra en place un système d’épingles pour tracer quelle couturière a travaillé sur quelle partie du scaphandre, garantissant ainsi une traçabilité totale en cas de défaut. Elles savent que leur travail n’est pas qu’un costume : c’est un vaisseau spatial miniature qui doit protéger un humain sur un autre monde. Et le 20 juillet 1969, quand Armstrong pose le pied sur la Lune, c’est leur travail qui le garde en vie. La victoire de Playtex sur les géants industriels est complète : la couture de lingerie a battu l’ingénierie mécanique.

Les éléments de la combinaison spatiale de Neil Armstrong pour Apollo 11.

Mais la mobilité sur la Lune, c’est une chose. La liberté totale, sans câble, sans attache, c’est une autre histoire. Parce que même avec les scaphandres Apollo, les astronautes restaient connectés à leur module lunaire par un câble ombilical ou portaient un système de survie dorsal, mais ils marchaient sur une surface solide, ils avaient de la gravité (certes faible), des repères visuels, une stabilité relative. Dans l’espace ouvert, c’est différent. Chaque mouvement te fait tourner, chaque geste te fait dériver. Tu ne peux pas « marcher » vers quelque chose, tu ne peux pas « t’appuyer » contre quoi que ce soit. Et si tu dérives trop loin, si ton câble se rompt, si tu perds ta prise, tu deviens un satellite humain, condamné à orbiter jusqu’à épuisement de ton oxygène. L’idée d’un jet-pack personnel, abandonné après le désastre de Cernan en 1966, refait surface dans les années 1970 avec l’arrivée de la navette spatiale. Parce que la navette change tout : ce n’est plus une simple capsule, c’est un camion spatial conçu pour transporter des satellites, les déployer, les réparer, les récupérer. Et pour ça, il faut que les astronautes puissent voler librement, manœuvrer avec précision, travailler sans être constamment limités par un câble.

C’est Martin Marietta, un géant de l’aérospatiale qui sera plus tard absorbé par Lockheed Martin, qui développe le MMU, le Manned Maneuvering Unit, littéralement « unité de manœuvre habitée ». Le concept remonte aux années 1960, mais c’est dans les années 1970, après des tests sur Skylab, que le design final prend forme. Le MMU ressemble plus à un réfrigérateur volant qu’à un simple sac à dos. Il pèse 154 kilogrammes une fois chargé d’azote, contient deux réservoirs haute pression capables de fournir jusqu’à six heures d’autonomie, et dispose de vingt-quatre micro-propulseurs pour un contrôle précis en six degrés de liberté : avant, arrière, gauche, droite, haut, bas, rotation, tangage, lacet. Chaque unité coûte dix millions de dollars. Et l’homme qui a travaillé sur son développement, qui a testé les prototypes, qui a attendu pendant des années de pouvoir enfin le tester en vol, c’est Bruce McCandless lui-même, pilote de la Navy, ingénieur électrique, ancien CAPCOM pendant Apollo 11, celui qui a parlé à Armstrong et Aldrin depuis le contrôle au sol pendant qu’ils marchaient sur la Lune.

Le MMU, le Manned Maneuvering Unit, littéralement "unité de manœuvre habitée"

Le 7 février 1984, pendant la mission STS-41B de la navette Challenger, McCandless enfile son scaphandre, se fixe dans le MMU, et se détache de la navette. Pas de câble de sécurité. Pas de ligne de vie. Juste lui, son scaphandre, et les propulseurs d’azote. Il s’éloigne lentement, prudemment, testant chaque contrôle, vérifiant chaque réaction. À dix mètres, à vingt, à cinquante. Puis il continue. Quatre-vingts mètres. Quatre-vingt-dix-huit mètres. Il devient le point le plus isolé jamais atteint par un être humain sans attache physique, une silhouette minuscule contre l’immensité du vide. La sortie dure cinq heures et cinquante-cinq minutes. Deux jours plus tard, le 9 février, il recommence avec Robert Stewart pour une seconde sortie de six heures et dix-sept minutes. Les deux astronautes testent des procédures de capture et de réparation de satellites, prouvant que le MMU n’est pas qu’un gadget : c’est un outil pratique, fiable, révolutionnaire. McCandless et Martin Marietta recevront le Collier Trophy de 1984 pour cette réalisation. Après vingt ans d’échecs, le jet-pack spatial fonctionne enfin.

Mais l’histoire du MMU s’arrête aussi vite qu’elle a commencé. Après seulement trois missions en 1984, totalisant un peu plus de dix heures de vol libre, le MMU est abandonné. La raison officielle, après la catastrophe de Challenger en janvier 1986, c’est la sécurité : la NASA réévalue tous les systèmes de la navette, et le MMU, bien que fonctionnel, nécessiterait des modifications coûteuses pour répondre aux nouvelles normes post-accident. Mais la vraie raison est plus pragmatique : le MMU n’a plus d’utilité pratique. Parce que la navette elle-même, avec son bras robotique Canadarm et sa capacité à manœuvrer au mètre près, peut faire le même travail plus efficacement, plus sûrement, sans risquer un astronaute seul à cent mètres du vaisseau. Comme l’expliquera l’astronaute George Nelson : « La navette avait une capacité incroyable à voler directement vers quelque chose et à l’attraper, soit avec le bras, soit simplement avec une personne. Ça n’avait plus de sens de prendre même de petits risques avec le MMU quand il n’y avait aucune application pratique pour laquelle on en aurait vraiment besoin. » Le MMU rejoint les musées, relique magnifique d’une époque où on rêvait de liberté spatiale absolue.

Mais si le jet-pack disparaît, le scaphandre, lui, continue d’évoluer. Parce que même cinquante ans après Apollo, même avec toute l’expertise accumulée, le scaphandre reste une machine complexe, fragile, dangereuse. Le 16 juillet 2013, l’astronaute italien Luca Parmitano sort de la Station spatiale internationale pour une sortie extravéhiculaire de routine. Quarante-quatre minutes après le début de la mission, il sent de l’eau froide à l’arrière de sa tête. Puis l’eau se répand, recouvre ses oreilles, glisse vers son visage, envahit son casque. Entre un litre et un litre et demi d’eau s’accumulent progressivement autour de son visage, couvrant ses yeux, son nez, sa bouche. Il ne voit presque plus rien, n’entend plus rien, ne peut plus communiquer clairement avec le contrôle au sol ni avec son partenaire Christopher Cassidy. Le contrôle ordonne immédiatement l’arrêt de la sortie et le retour au sas. Mais Parmitano est presque aveugle, désorienté, et il doit retourner vers le sas en se guidant uniquement au toucher le long du câble de sécurité. Il dira plus tard s’être senti « comme un poisson rouge dans un bocal ». Une fois à l’intérieur du sas, l’équipage retire son casque en urgence, libérant des gouttelettes d’eau en apesanteur. L’enquête révélera que la fuite provenait du système de refroidissement du scaphandre, un circuit d’eau qui circule dans le sous-vêtement thermique porté sous le scaphandre. La NASA qualifiera l’incident de « condition menaçant la vie » et suspendra toutes les sorties spatiales en attendant l’enquête complète. Parmitano a frôlé la noyade dans l’espace, preuve que même avec des décennies d’expérience, le scaphandre reste un système à la limite de la défaillance.

Et aujourd’hui, en 2026, alors que l’humanité prépare le retour sur la Lune avec le programme Artemis et rêve d’envoyer des humains sur Mars, les scaphandres sont encore en chantier. Parce que les scaphandres actuels, les EMU américains et les Orlan russes, ont été conçus dans les années 1980 et commencent à vieillir. Il faut de nouvelles générations, plus légères, plus souples, plus fiables, plus faciles à enfiler et à retirer. Et là encore, c’est l’expertise textile qui revient au premier plan. En 2024, la France lance un projet inattendu : EuroSuit, un prototype de scaphandre intra-véhiculaire développé par le CNES, l’agence spatiale française, en collaboration avec Spartan Space, MEDES, et Décathlon. Oui, Décathlon, le géant français des équipements sportifs. Parce que Décathlon, avec sa division d’innovation avancée, possède exactement ce dont on a besoin : une expertise textile, une connaissance de l’ergonomie humaine en mouvement, une maîtrise des matériaux respirants, résistants, confortables. Le scaphandre EuroSuit est conçu pour être enfilé ou retiré en moins de deux minutes en autonomie, un record qui pourrait sauver des vies en cas d’urgence au décollage ou à l’atterrissage. Il intègre un casque sur mesure imprimé en impression 3D avec une structure en treillis adaptée à la morphologie de chaque astronaute, des soufflets aux épaules, coudes et genoux pour maximiser la mobilité, et un système de biomonitoring en temps réel pour suivre la physiologie de l’astronaute. Le prototype sera testé par l’astronaute française Sophie Adenot à bord de la Station spatiale internationale pendant la mission Epsilon, dont le décollage est actuellement programmé pour le 11 février, si le calendrier spatial le permet. Cinquante ans après que les couturières de Playtex aient cousu les scaphandres lunaires, c’est encore l’expertise textile et l’ergonomie sportive qui innovent dans l’enveloppe humaine pour l’espace.

On est partis d’un homme seul dans le vide, flottant librement à cent mètres de sa navette, image iconique de la liberté absolue. Mais pour en arriver là, il a fallu que des cosmonautes frôlent la mort en dépressurisant leurs scaphandres à la main, que des astronautes s’épuisent au bord de la crise cardiaque en luttant contre la rigidité de leurs combinaisons, que des couturières de lingerie battent les géants de l’aérospatiale avec des aiguilles et du fil, que des ingénieurs construisent des jet-packs de dix millions de dollars pour finalement les abandonner, et que des astronautes risquent la noyade dans leur propre casque pour nous rappeler que rien n’est jamais acquis. Le scaphandre spatial n’est pas un vêtement. C’est un vaisseau personnel, un habitat miniature, un système de survie à la limite de l’équilibre, une enveloppe fragile entre la vie et le vide. Et chaque fois qu’un astronaute sort dans l’espace, chaque fois qu’une couturière assemble les vingt et une couches de tissu avec une précision de 0,4 millimètre, chaque fois qu’un ingénieur textile conçoit un nouveau prototype pour les missions futures, on repousse un peu plus loin la frontière de ce qu’un corps humain peut supporter au-delà de la Terre. Parce que l’espace ne pardonne pas. Et le petit vaisseau personnel qui nous protège non plus.

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