« J’Accuse… ! » : Le jour où la plume a défié l’armée
Le 13 janvier 1898, Émile Zola publie une lettre qui va changer la France. Mais au-delà du titre célèbre, c’est l’acte d’un homme qui décide de tout perdre pour une seule chose : la vérité.
Le capitaine Dreyfus, un officier français juif, est accusé d’espionnage pour l’Allemagne. Il est condamné au bagne à vie. Problème : il est innocent. L’armée le sait, mais refuse de reconnaître son erreur pour ne pas « salir » l’institution.

Pourquoi c’est un séisme ?
À l’époque, Émile Zola est la plus grande star de la littérature. Il est riche, célèbre et respecté. Il n’a rien à gagner dans cette histoire.
Pourtant, il écrit ce texte où il cite nommément les hauts gradés de l’armée qu’il accuse de complot.
Son but est simple (et fou) : Se faire attaquer en justice pour diffamation pour que les preuves de l’innocence de Dreyfus, étouffées par l’armée, soient enfin débattues publiquement devant un tribunal.
Les conséquences pour Zola :
Ce n’était pas qu’une posture. Zola a payé le prix fort :
- La haine : Il reçoit des menaces de mort et des ordures sont jetées sur sa maison.
- Le procès : Il est condamné à un an de prison et à une amende énorme.
- L’exil : Il doit s’enfuir en Angleterre pour éviter la prison.
À retenir :
C’est avec cet article que naît le mot « Intellectuel ». Pour la première fois, on définit quelqu’un qui utilise sa notoriété et son savoir pour intervenir dans le débat public et défendre une cause morale, même si cela met sa propre vie en péril.
La morale : La vérité ne gagne pas toujours seule, elle a parfois besoin d’un énorme coup de gueule pour être entendue.
Pour aller plus loin : https://fr.wikipedia.org/wiki/J%27accuse%E2%80%A6!