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T'inquiète, j't'explique !

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La Conquête Spatiale

Épisode 13 : La Troisième Puissance Spatiale (1961-1970s)

– Épisode 1 : Les Fondations (1945-1957)
– Épisode 2 : Le Choc (Octobre 1957)
– Épisode 3 : La Réponse Chaotique (1957-1958)
– Épisode 4 : Les Premières Tentatives (1958-1961)
– Épisode 5 : Toujours en retard (1961-1963)
– Épisode 6 : L’École de l’Espace (1964-1966)
– Épisode 7 : Préparer le Terrain (1961-1968)
– Épisode 8 : Le Drame et la Reprise (1967-1968)
– Épisode 9 : L’Objectif (Juillet 1969)
– Épisode 10 : Après le Premier Pas (1969-1972)

– Épisode 11 : Les Premières Stations (1971-1974)
– Épisode 12 : Poignée de Main dans l’Espace (1975)

La Conquête Spatiale

Introduction

Parce qu’il y a un détail que la course spatiale cache très bien : la vraie ligne de séparation, ce n’est pas « avoir un satellite » ou « faire des jolies photos ». La vraie ligne, c’est l’accès autonome à l’espace. Pouvoir décider « je mets un objet en orbite » et ne dépendre de personne. Ni d’un lanceur américain. Ni d’une fusée soviétique. Ni d’un calendrier qui n’est pas le tien. En plein milieu de la Guerre froide, ce n’est pas un hobby. C’est une posture. Et cette posture, la France va l’adopter officiellement le 19 décembre 1961, avec la création du CNES. Et elle va la prouver, de façon spectaculaire, le 26 novembre 1965, quand la fusée Diamant met en orbite Astérix, le premier satellite français… depuis la base d’Hammaguir, dans le désert algérien. Ce jour-là, tu n’as pas juste un « petit satellite ». Tu as un pays qui vient d’entrer dans le club le plus fermé du monde.

Chapitre 1 : « Ne plus dépendre de personne » — La machine se met en route (1959-1962)

On a tendance à raconter l’espace comme une histoire de rêve, de science, d’étoiles dans les yeux. Et oui, évidemment, il y a ça. Mais à la fin des années 1950, l’espace est d’abord un terrain de puissance. Spoutnik a déjà prouvé une chose brutale : si tu peux mettre un objet en orbite, tu maîtrises une chaîne de technologies qui dépasse largement la « science sympa ». La fusée est un objet ambigu. Elle n’a pas besoin d’avoir une mauvaise intention pour être stratégique : elle l’est de fait. Dans ce contexte, Charles de Gaulle veut une France qui ne dépend pas d’un parapluie étranger. Dès 1945, il a créé le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) avec des moyens substantiels ; en décembre 1954, Pierre Mendès-France lance secrètement le programme de fabrication d’armes nucléaires et de sous-marins atomiques. Mais c’est en 1958, avec l’avènement de la Ve République, que la rupture se cristallise : les États-Unis refusent de réformer le McMahon Act au bénéfice de la France (contrairement à la Grande-Bretagne), et cette fermeture conduit la France à abandonner tout espoir de coopération nucléaire franco-américaine pour poursuivre une voie totalement indépendante. Le 13 février 1960, la France teste sa première bombe atomique dans le Sahara algérien, baptisée « Gerboise bleue ». De Gaulle envoie immédiatement un télégramme : « Hourra pour la France ». Ce n’est pas de l’enthousiasme béat : c’est un signal politique. L’arme nucléaire devient, dans ses mots, « le signe et le moyen de l’indépendance nationale ». Et très vite, la loi de programmation de 1960 finance une force de frappe incluant une douzaine de bombes A prévues pour 1964, des vecteurs comme le Mirage IV, et ultérieurement la bombe H et des sous-marins nucléaires. Mais la puissance, c’est aussi le vecteur : comment tu « portes » cette capacité. C’est dans cette logique que naissent, le 7 janvier 1959, le Comité de Recherches Spatiales (CRS), puis le 17 septembre 1959, la SEREB (Société d’étude et de réalisation d’engins balistiques), pivot de la mise au point des missiles… et donc, indirectement, de l’apprentissage industriel qui va nourrir les lanceurs spatiaux. Le CNES est créé le 19 décembre 1961 par une loi qui en fait un organisme scientifique et public à caractère industriel et commercial. Il démarre ses activités le 1er mars 1962, sous la direction de Robert Aubinière, polytechnicien, général de l’Armée de l’air, homme de structure. Sa mission : coordonner l’ensemble des activités spatiales françaises, représenter la France au niveau international, faire émerger une industrie spatiale nationale en finançant et en pilotant des programmes, sans être lui-même une usine. Le gouvernement de De Gaulle ne veut pas que la France soit « laissée pour compte » dans la conquête spatiale, dominée par l’URSS et les États-Unis. Et très vite, l’ambition devient un contrat, un calendrier, des responsabilités. Le 9 mai 1962, un protocole d’accord entre la DMA (Délégation ministérielle pour l’armement) et le CNES prévoit la construction de 4 exemplaires du lance-satellite Diamant et d’autant de satellites, dans un programme placé sous la maîtrise d’œuvre de la SEREB. C’est là que tu vois la différence entre « on veut » et « on fait » : des livrables, des budgets, des essais, des échéances. La souveraineté devient une chaîne de décisions et d’acier.

Le lanceur Diamant, première fusée orbitale française.

Chapitre 2 : Diamant & Astérix — La preuve par le feu, et le décor du Sahara (1962-1965)

On pourrait imaginer que la France, en se lançant dans l’espace, a voulu construire une « Saturn V française ». Une fusée géante, un monstre de puissance, une démonstration virile. Sauf que non. Diamant vise un objectif plus intelligent : être suffisant. La version retenue est un véhicule d’environ 15 tonnes et 19 mètres de haut, capable de placer une charge utile sur une orbite elliptique basse. Trois étages, et chacun raconte une histoire technique : le premier, baptisé Émeraude, est à propergols liquides et utilise le moteur Vexin B développé par le LRBA (Laboratoire de recherches balistiques et aérodynamiques). Ce moteur, c’est 280 kilonewtons de poussée, une impulsion spécifique de 280 secondes, et une durée de combustion de 93 secondes. Mais ce qui fascine, c’est le carburant : essence de térébenthine comme carburant, acide nitrique comme comburant. Des ergols hypergoliques, c’est-à-dire qu’ils s’enflamment spontanément au contact l’un de l’autre, sans besoin d’allumage. L’étage Émeraude pèse 12,5 tonnes et mesure 10 mètres de hauteur pour 1,4 mètre de diamètre. Le deuxième étage est à propulsion solide, plus simple, plus robuste. Et le troisième, lui aussi à propergol solide, introduit une technique alors nouvelle en Europe : le roving, c’est-à-dire remplacer l’enveloppe en acier du propulseur par un enrobage en fibre de verre, pour gagner en masse et donc en performances. Ce n’est pas « petit » : c’est calibré pour prouver l’accès autonome, pas pour gagner un concours de muscles. Et cette preuve se joue dans un décor que beaucoup de récits oublient : Hammaguir, dans le Sahara algérien, au sein du CIEES (Centre interarmées d’essais d’engins spéciaux). Le CIEES est créé par décret ministériel le 24 avril 1947, puis devient interarmées en 1948 en incorporant l’Armée de l’air. En 1952, un second complexe baptisé B2 Hammaguir est établi à 120 kilomètres au sud-ouest de Colomb-Béchar pour accueillir des missiles plus gros. Là-bas, ce n’est pas « un pas de tir », c’est une infrastructure d’essais pensée pour tester des engins sans mettre des villes sous la trajectoire. Au milieu des années 1960, Hammaguir comprend quatre pas de tir aux noms presque romanesques : Blandine et Bacchus pour les essais de fusées-sondes à propergols liquides et solides, Béatrice pour les missiles air-sol et sol-air ainsi que le lanceur Cora (programme Europa), et Brigitte, le plus important, pour les missiles du programme Pierres Précieuses et pour Diamant. Ce n’est pas juste « un endroit où on tire » : c’est un ensemble de pas de tir et de zones d’essais avec des usages distincts (fusées-sondes, missiles, véhicules d’essais…), bref une vraie machine à apprendre. Tout au long des années 1960, Hammaguir connaît une activité intense : Véronique, Centaure, Dragon, Émeraude, Rubis, Saphir, et finalement Diamant. Ça compte, parce que Diamant n’arrive pas comme par magie : il arrive sur une logistique, des équipes, une culture d’essais déjà rodées, et une poussière qui colle aux chaussures. Le 26 novembre 1965, Diamant s’élève du désert d’Hammaguir et place sur orbite le satellite A1, qui sera surnommé Astérix après le succès. Et là, tout s’emboîte : huit ans après Spoutnik et sept ans après Explorer, la France devient la 3e puissance spatiale au sens strict : elle prouve sa capacité de satellisation. Astérix, construit par Matra sur contrat militaire pèse 42 kg. Il n’embarque pas une « science spectaculaire » : c’est d’abord une capsule technologique destinée à vérifier le bon fonctionnement du lanceur et sa capacité à injecter un satellite sur orbite. Pour souligner le prestige (et rappeler, au passage, que les militaires sont au cœur du dispositif), une cocarde tricolore est apposée sur Diamant, sans autre inscription. Et le contexte politique ajoute une tension presque cinématographique : l’élection présidentielle française se déroule les 5 et 19 décembre 1965, soit quelques semaines après ce lancement. C’est la première élection au suffrage universel direct, et De Gaulle, malgré un premier tour où il n’obtient que 44,6 % des suffrages, se fait réélire au second tour avec 55,2 %. Le succès spatial, quelques semaines avant le scrutin, n’est pas anodin : c’est une démonstration de souveraineté qui résonne avec le discours gaullien d’indépendance nationale. Et comme souvent dans l’espace, le triomphe arrive avec un petit grain de sable : un incident au largage de la coiffe endommage les antennes d’Astérix et le rend muet. Ça ne retire rien à l’essentiel : la mise en orbite est réussie, confirmée notamment par des moyens de suivi américains qui permettront de suivre l’orbite par radar. C’est bancal, mais ça tient. Et tu ne peux plus dire « on rêve de l’espace ». Tu dois dire : « on y est. »

Chapitre 3 : Répéter, améliorer, exploiter — D-1, Diapason, Diadème, puis le basculement Kourou (1965-1968)

Le vrai piège après une « première » historique, c’est de confondre la photo avec la capacité. Un lancement isolé peut être un exploit, un coup, une exception. Une puissance spatiale, elle, doit faire quelque chose de plus dur : répéter, améliorer, exploiter. Et là, l’histoire devient plus riche qu’un simple « Astérix en orbite ». Air & Cosmos raconte un contraste très parlant : Astérix prouve la satellisation, mais il est muet ; en parallèle, le CNES obtient un succès scientifique avec FR‑1 (lancé par les États-Unis le 6 décembre 1965, soit quelques jours après Astérix). Et ce contraste va peser dans les arbitrages : l’éclatante réussite de FR-1 et le semi-échec d’A-1 vont convaincre les militaires de laisser, au vol suivant, la place à des satellites plus « utiles » scientifiquement. C’est dans ce contexte qu’apparaît le programme D‑1 (« D » pour Diamant), pensé pour construire une vraie aventure spatiale à caractère scientifique et durable, la première famille de satellites dont tous les éléments, du satellite au lanceur, sont développés entièrement en France. Le 17 février 1966, Diapason (D‑1A) est lancé par Diamant-A depuis Hammaguir à 08h38 UTC. Sa mission scientifique : de la géodésie (mesurer la Terre, via des émissions radio très stables et l’effet Doppler, d’où son nom « Diapason » qui évoque la stabilité de fréquence). Mais son rôle « système » est presque encore plus important : valider que tout fonctionne ensemble, y compris les réseaux au sol. Le satellite est placé sur une orbite avec un périgée de 503 km, un apogée de 2 576 km, une période de révolution de 117,2 minutes, et une inclinaison de 34,1°. Il pèse 18,5 kg et il embarque deux émetteurs radio émettant à des fréquences très stables qui sont mesurées au sol par effet Doppler pour des expériences de géodésie. Il teste aussi les effets de radiation sur des cellules photovoltaïques et inclut une batterie rechargeable par énergie solaire. Et surtout : Diapason fonctionne de manière satisfaisante pendant cinq ans, jusqu’en 1971. C’est là que le symbole devient exploitation : ce n’est plus un « coup ». C’est de l’exploitation. Le satellite valide le fonctionnement du lanceur Diamant, les composants utilisés, et les réseaux terrestres : le réseau Diane pour la localisation, et le réseau Iris pour la télémesure et la télécommande. Puis viennent les Diadème (D‑1C et D‑1D), lancés les 8 et 15 février 1967, toujours avec Diamant-A, toujours depuis Hammaguir. Là, on quitte le simple « on met en orbite » : Air & Cosmos détaille des choix techniques (stabilisation magnétique passive, satellites non télécommandés) et surtout une idée qui sent le saut d’époque : l’ajout d’un réflecteur laser. L’idée est attribuée à Jacques Blamont, directeur scientifique et technique du CNES, qui venait de réaliser fin 1964 une expérience de télémétrie laser en tirant depuis l’Observatoire de Haute-Provence sur un satellite américain (Beacon B). Le raisonnement est limpide et très français : « ok, c’est génial… mais pourquoi on tirerait sur leur satellite, quand on peut tirer sur les nôtres ? » Et derrière l’anecdote, tu as un vrai gain : avec un réflecteur laser, tu peux mesurer très précisément la distance entre une station au sol et le satellite, et donc créer des repères géodésiques. Et pour donner un peu de matière à l’image : ces satellites sont de l’ordre d’une cinquantaine de centimètres de diamètre et d’une vingtaine de kilogrammes, et ils sont observés au laser depuis plusieurs sites (Air & Cosmos cite notamment l’Observatoire de Haute-Provence, un site en Grèce, et Colomb‑Béchar) sur plusieurs années. L’espace n’est plus seulement un terrain de prestige : c’est un outil de connaissance, et un outil qui intéresse aussi les militaires, parce que la géodésie sert à connaître des positions avec précision. Sauf que la géopolitique n’est pas aussi immuable que la géographie. L’Algérie devient indépendante en 1962 après les accords d’Évian. Ces accords ouvrent la voie à l’indépendance, mais contiennent aussi des clauses qui permettent à la France de conserver certains sites militaires pendant quelques années. Hammaguir fait partie de ces sites : la base est laissée à disposition des autorités françaises cinq années supplémentaires. Air & Cosmos donne une formulation très concrète : la France choisit de partir le 1er juillet 1967, notamment pour éviter de se retrouver un jour sous pression sur un outil aussi stratégique. Et au passage, une statistique te rappelle ce que c’était, Hammaguir : plus de 271 fusées lancées depuis ce site avant son évacuation. Et là, l’autonomie se heurte à un mur très bête : tu peux avoir un lanceur, si tu n’as pas de base, tu ne lances rien. Et une puissance spatiale sans base… c’est comme un marin sans port. Tu peux raconter des histoires, mais tu ne voyage pas beaucoup. La décision d’installer une nouvelle base remonte à 1964, sous le gouvernement de Georges Pompidou, alors Premier ministre. Le 21 mars 1964, le général de Gaulle adresse un message aux Guyanais annonçant une « grande œuvre française » en Guyane. Moins d’un mois plus tard, le Premier ministre retient le site de Kourou pour implanter une base de lancement spatial et le Centre National d’Études Spatiales (CNES). Et Kourou n’est pas « un choix exotique », c’est un choix mécanique : 5,3° de latitude Nord, quasi équateur, donc une vitesse additionnelle au lancement grâce à la rotation terrestre, et une grande ouverture sur l’Atlantique qui réduit les risques pour les populations. Le CNES GeoImage va même jusqu’à chiffrer l’avantage : des rendements supérieurs de 27 % par rapport à Cap Canaveral (situé à 28° de latitude nord) et 55 % par rapport à Baïkonour (bien plus septentrional). Mais construire une base dans la forêt équatoriale, ce n’est pas juste « poser une rampe ». Les travaux débutent en 1965 et demandent des aménagements majeurs en milieu forestier. Des équipes procèdent à l’abattage des arbres de la forêt équatoriale avec des outils manuels (haches, machettes) avant de dégager les zones. Ensuite, le gros œuvre débute avec des engins de BTP importants (scrapers, tractopelles, vibreurs pour béton). Le CNES dote la France d’un outil maître pour sa politique spatiale en seulement trois ans. Les constructions incluent une centrale électrique, un système de traitement des eaux, des voies de communication (ponts, routes, aéroport international), et une ville nouvelle dimensionnée pour 6 000 puis 12 000 habitants dans les années 70. Kourou, qui comptait seulement 660 habitants en 1964, connaît une transformation majeure. L’arrivée du CNES suscite espoirs et craintes parmi la population, certains surnommant le projet le « nouveau bagne ». Des entreprises locales et l’artisanat bénéficient de l’implantation, mais la main-d’œuvre, les salaires des manœuvres, et l’emploi généré localement font aussi l’objet de débats. Et pour la première fois, tu sens une idée qui dépasse la France : ce site, en devenant une base efficace, prépare aussi la suite européenne. Le 9 avril 1968, le lancement réussi d’une fusée-sonde Véronique inaugure officiellement le Centre spatial guyanais de Kourou. La fusée Véronique AGI (N°V62) décolle à 9h55 heure locale, et l’ogive atteint une altitude de 113 km. Elle ne transporte pas d’expériences scientifiques : elle est destinée à vérifier le fonctionnement des installations de tir et des moyens de récupération en mer. L’ogive est récupérée comme prévu par la vedette Alizé. Ce n’est pas un simple « tir de plus » : c’est la preuve que la chaîne ne s’effondre pas quand un territoire change. Hammaguir a été le berceau ; Kourou devient l’avenir. Et Véronique, ce n’est pas un « jouet » : ce type de fusée sert notamment à l’étude de la haute atmosphère et sera utilisé pour le projet FAUST (Fusées Astronomiques pour l’étude de l’Ultraviolet Stellaire). Et quand tu as à la fois institution, lanceur, satellite, base, tu peux passer à l’étape suivante : ne plus faire « France seule », mais faire « Europe qui ne dépend pas des autres ». Le programme Ariane naît en 1973, l’ESA en 1975… et c’est exactement là que l’épisode 14 va commencer.

Conclusion

Si tu devais résumer cet épisode en une image, ce ne serait pas une photo de satellite. Ce serait une chaîne. Une chaîne qu’on construit maillon par maillon. 19 décembre 1961 : le CNES est créé, et la France annonce qu’elle veut être une puissance spatiale indépendante. 26 novembre 1965 : Diamant met en orbite Astérix depuis Hammaguir, et la France prouve l’accès autonome à l’espace. 1966-1967 : on enchaîne avec Diapason puis Diadème I et II : ce n’est plus une démonstration, c’est une continuité. 1964-1968 : on prépare l’avenir avec Kourou, parce que l’autonomie sans base de lancement durable, c’est un château de sable.

Et si tu veux être encore plus « mécanique », tu peux même voir les boulons : 9 mai 1962, le protocole DMA/CNES enclenche Diamant (4 lanceurs et 4 satellites) ; 1er juillet 1967, on ferme le chapitre saharien en quittant Hammaguir ; 9 avril 1968, Véronique inaugure Kourou. Ce n’est pas de la poésie : c’est la logistique d’une indépendance.

Et tout ça se fait pendant que les deux géants, USA et URSS, se battent pour la Lune, puis pour les stations, puis pour les symboles. La France, elle, ne gagne pas la Lune. Elle gagne autre chose : le droit de ne pas demander la permission pour exister en orbite. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Parce qu’une fois que tu as prouvé que tu peux, la question suivante arrive, inévitable : et si on faisait ça à l’échelle d’un continent ?

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