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Penser contre son cerveau

Épisode 0 : Pourquoi il faut penser contre son cerveau

Tu es sûr que tes décisions sont rationnelles ? Vraiment sûr ? Prends un instant pour y réfléchir. Cette fois où tu as acheté ce produit parce que la première publicité t’avait marqué. Ce rendez-vous professionnel où tu as jugé quelqu’un en moins de cinq secondes. Ce moment où tu as cliqué sur cette actualité négative avant même de lire le titre. Tu penses avoir pris ces décisions en toute lucidité ? Tu crois être le pilote de tes pensées ? Et si, en réalité, tu n’étais qu’un passager discret, poussé par des mécanismes invisibles qui orientent tes choix sans que tu t’en rendes compte ? Ces réflexes mentaux ont un nom : les biais cognitifs. Et ils agissent en silence, à chaque instant de ta journée. Même là, en lisant ces lignes, ton cerveau filtre, sélectionne et interprète selon ses propres règles. Et si ton cerveau te jouait des tours ?

« Il faut penser contre le cerveau. » Cette phrase de Gaston Bachelard, tirée de La Formation de l’esprit scientifique, pourrait résumer l’ambition de cette saga. Le philosophe des sciences nous rappelait que la pensée scientifique moderne exige qu’on résiste à la première réflexion, qu’on questionne l’usage même de notre cerveau. Le titre « Penser contre son cerveau » de cette nouvelle saga de la rubrique « T’inquiète, j’enquête » est un hommage à cette idée. Non pas parce que notre cerveau serait défaillant, mais parce qu’il fonctionne selon des règles héritées d’un autre temps. Des règles qui, autrefois, nous ont permis de survivre. Des règles qui, aujourd’hui, nous mènent parfois droit dans le mur. Notre cerveau n’est pas une page blanche. Il est rempli de préjugés, de raccourcis mentaux, de réflexes « prêts à l’emploi » que nous avons hérités de millions d’années d’évolution. Ces mécanismes agissent en silence, comme des lentilles qui déforment notre vision du monde sans que nous nous en rendions compte. Penser vraiment, c’est d’abord prendre conscience de ces automatismes. C’est comprendre que nos décisions, nos jugements, nos interprétations ne sont pas toujours le fruit d’une réflexion pure, mais souvent le résultat de mécanismes invisibles qui travaillent en arrière-plan. Mais pourquoi la nature nous a-t-elle dotés de ces « bugs » ? Pourquoi notre cerveau fonctionne-t-il ainsi ?

La réponse est simple : nos ancêtres n’avaient pas besoin d’être « vrais », ils avaient besoin d’être « vivants ». Imagine-toi il y a 50 000 ans, dans une savane où chaque ombre peut être un prédateur. Tu vois un mouvement dans l’herbe. Tu as le choix : analyser rationnellement pendant cinq minutes ou fuir immédiatement. Si tu choisis l’analyse et que c’était un lion, tu es mort. Si tu choisis la fuite et que c’était une ombre, tu vis. Mieux vaut se tromper cent fois et fuir devant des ombres que d’avoir raison une fois et se faire manger par un lion. C’est ce qu’on appelle le biais de négativité, et dans ce contexte, c’était un atout de survie, pas un bug.

Ces mécanismes mentaux ont des racines ancestrales profondes. Certains biais remontent à des millions d’années et sont partagés avec d’autres mammifères. D’autres sont plus récents mais ont évolué bien avant notre ère moderne. Notre « logiciel mental » a été conçu pour un monde de dangers immédiats, de ressources limitées, de groupes restreints de quelques dizaines d’individus. Un monde où chaque décision pouvait être mortelle. Un monde où la vitesse était plus importante que la précision. Un monde où il valait mieux sauter aux conclusions que de prendre le temps de réfléchir. Le problème, c’est que ce même logiciel tourne aujourd’hui dans un monde moderne saturé d’informations, d’écrans, de choix multiples et de connexions globales. Un monde où prendre le temps de réfléchir peut sauver des vies. Un monde où la précision est souvent plus importante que la vitesse. Les atouts d’autrefois sont devenus des bugs d’aujourd’hui.

Mais qu’est-ce qu’un biais cognitif exactement ? Ce n’est pas un manque d’intelligence ni une maladie. C’est un réflexe mental, une heuristique, c’est-à-dire un raccourci de pensée qui nous permet de prendre des décisions rapidement. Imagine une illusion d’optique : tu sais que les deux lignes ont la même longueur, mais tu continues de les voir différentes. C’est pareil avec les biais cognitifs. Même quand tu les connais, même quand tu es conscient de leur existence, ils continuent d’agir en arrière-plan. Tu peux difficilement t’en débarrasser, parce qu’ils font partie intégrante de ton fonctionnement mental. Et c’est là que ça devient problématique. Les réseaux sociaux exploitent nos biais pour nous garder scotchés à l’écran, leurs algorithmes jouant sur notre besoin d’approbation et notre peur de manquer. Les publicitaires utilisent nos raccourcis mentaux pour nous faire acheter. Nos jugements sociaux sont déformés par des stéréotypes qui se sont installés dans notre mémoire. Ne pas comprendre nos biais, c’est rester manipulable. C’est vivre dans l’illusion de maîtriser nos décisions alors qu’on suit des scripts écrits il y a des milliers d’années.

Illusion d'optique. Longueur segment trompeuse.

C’est là qu’intervient le Codex des Biais Cognitifs, une classification qui organise près de 200 biais en quatre grandes familles, selon les quatre problèmes fondamentaux que notre cerveau a dû résoudre pour survivre. Premier problème : il y a trop plein d’informations dans le monde. Notre cerveau filtre donc en masse, ne retenant que ce qui semble important ou familier. Deuxième problème : notre mémorisation est limitée. On compresse donc les souvenirs, on généralise, on efface les détails pour garder l’essentiel. Troisième problème : il faut agir vite dans un environnement dangereux. On saute donc aux conclusions, on préfère les options simples aux options complexes, on évite l’ambiguïté. Quatrième problème : il n’y a pas assez de sens dans un monde chaotique. On invente donc des liens, on remplit les trous, on crée des histoires pour donner du sens à l’incompréhensible.

Nous allons décortiquer ces réflexes un par un dans cette nouvelle saga « T’inquiète, j’enquête ! ». Je vais essayer de publier chaque vendredi un épisode « Penser contre son cerveau » qui explorera un biais cognitif en montrant comment il fonctionne, d’où il vient, pourquoi il était utile autrefois, comment il nous piège aujourd’hui, et surtout, comment apprendre à penser contre notre propre cerveau. Le premier épisode s’intéressera à un phénomène étrange : pourquoi oublies-tu si souvent le milieu d’une liste ? Pourquoi retiens-tu le début et la fin, mais pas ce qui est au centre ? La réponse t’attend vendredi prochain.

Avec près de 200 biais recensés dans le Codex, on va faire du chemin ensemble. La saga s’annonce longue, mais heureusement passionnante ! Si tu veux être certain de ne rater aucune astuce pour désobéir à ton propre cerveau, pense à t’inscrire à la newsletter. Comme ça, tu n’auras pas à te souvenir de venir chaque vendredi — ton cerveau te remerciera déjà.

Prêt à désobéir à ton propre cerveau ?

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