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T'inquiète, j't'explique !

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La Conquête Spatiale

Épisode 8 : Le Drame et la Reprise (1967-1968)

– Épisode 1 : Les Fondations (1945-1957)
– Épisode 2 : Le Choc (Octobre 1957)
– Épisode 3 : La Réponse Chaotique (1957-1958)
– Épisode 4 : Les Premières Tentatives (1958-1961)
– Épisode 5 : Toujours en retard (1961-1963)
– Épisode 6 : L’École de l’Espace (1964-1966)
– Épisode 7 : Préparer le Terrain (1961-1968)

Introduction : Le relais des humains

Tu te souviens de la fin de l’épisode précédent ? Les robots ont fait leur boulot. Ranger s’est écrasé pour voir de près, Surveyor a atterri en douceur pour toucher le sol, Lunar Orbiter a cartographié 99% de la surface lunaire. En 1968, après huit ans de missions robotiques, le travail de reconnaissance est terminé. Les éclaireurs ont fait leur boulot.

Grâce à eux, Apollo sait où aller, comment atterrir, et à quoi s’attendre. Les cartes sont faites, les sites sont choisis, les techniques sont validées. Tout est prêt.

Il est temps pour les humains de prendre le relais.

La Conquête Spatiale

En 1967, la NASA prépare fièrement le programme Apollo. Les astronautes s’entraînent, les ingénieurs finalisent les systèmes, le vaisseau est sur le pas de tir. Les tests non habités se succèdent, tout fonctionne. La prochaine étape, c’est le premier vol habité. C’est l’aboutissement de tout ce qui a été préparé depuis 1961.

Mais le programme Apollo va commencer. Mais pas comme prévu.

Parce que parfois, même avec toute la préparation du monde, même avec tous les robots qui ont fait le travail de reconnaissance, les accidents arrivent. Et quand ils arrivent au sol, avant même le décollage, c’est d’autant plus brutal.


Chapitre 1 : Les missions AS — Trois tests avant le premier vol habité

Avant d’envoyer des humains dans l’espace avec Apollo, il faut tester. Tout tester. Le lanceur, le module de commande, les systèmes de guidage, le bouclier thermique, les moteurs. Rien ne peut être laissé au hasard.

En 1966, la NASA lance trois missions de test non habitées, désignées AS-201, AS-202 et AS-203. Trois missions qui vont valider les technologies avant le premier vol habité. Trois missions qui vont révéler des problèmes, mais aussi prouver que le programme Apollo est sur la bonne voie.

AS-201 : Le premier test (26 février 1966)

Le 26 février 1966, AS-201 décolle depuis Cap Canaveral. C’est le premier vol d’essai non habité du programme Apollo. L’objectif est simple mais crucial : tester le lanceur Saturn IB et le module de commande et de service (CSM) dans des conditions réelles.

La mission est un vol suborbital. La fusée monte jusqu’à 500 kilomètres d’altitude, puis le module de commande se sépare et entame sa rentrée atmosphérique. C’est le moment critique : le bouclier thermique doit résister à la chaleur de la rentrée. C’est la première fois qu’on teste le bouclier thermique d’Apollo dans des conditions réelles.

Le vol dure 37 minutes. Le module de commande amerrit dans l’océan Atlantique et est récupéré par le porte-avions USS Boxer. Mission réussie ? Pas tout à fait.

Pendant la rentrée, une défaillance électrique perturbe le contrôle d’orientation du module. Pire encore : la perte de données des capteurs rend le test du bouclier thermique insatisfaisant. On sait que le module est rentré, mais on n’a pas toutes les données pour confirmer que le bouclier a fonctionné parfaitement.

C’est frustrant, mais c’est aussi normal. C’est pour ça qu’on fait des tests : pour trouver les problèmes avant qu’ils ne deviennent critiques. AS-201 révèle des faiblesses dans les systèmes électriques, mais elle prouve aussi que le concept fonctionne. Le module de commande peut voler, se séparer, et rentrer dans l’atmosphère.

Le module de commande d'AS-201 est exposé au Strategic Air and Space Museum à Ashland, dans le Nebraska.

Aujourd’hui, le module de commande d’AS-201 est exposé au Strategic Air and Space Museum à Ashland, dans le Nebraska. C’est le premier vaisseau Apollo à avoir volé, même si ce n’était qu’un test.

AS-203 : Un test sans module de commande (5 juillet 1966)

Le 5 juillet 1966, AS-203 décolle. Mais cette mission est différente des autres : elle n’emporte pas de module de commande. À la place, la fusée Saturn IB porte un simple cône au sommet.

Pourquoi faire un test sans module de commande ? Parce que cette mission a un objectif très précis : étudier le comportement de l’hydrogène liquide dans l’étage S-IVB en conditions de microgravité.

L’étage S-IVB est crucial pour les missions lunaires. C’est lui qui doit propulser le vaisseau vers la Lune après avoir été mis en orbite terrestre. Mais pour ça, il faut pouvoir redémarrer le moteur en orbite. Et pour redémarrer un moteur à hydrogène liquide en orbite, il faut comprendre comment le carburant se comporte en apesanteur. Est-ce qu’il reste au fond du réservoir ? Est-ce qu’il flotte partout ? Est-ce qu’il forme des bulles qui peuvent bloquer les pompes ?

AS-203 va répondre à ces questions. La mission dure environ six heures et effectue quatre orbites autour de la Terre. Pendant ce temps, les capteurs mesurent la température, la pression, le comportement de l’hydrogène liquide dans le réservoir du S-IVB.

Les données sont précieuses. Elles confirment que le redémarrage du S-IVB en orbite est possible, mais qu’il faut des systèmes spécifiques pour gérer le carburant en microgravité. C’est une découverte essentielle pour les futures missions lunaires.

Après quatre orbites, l’étage S-IVB est intentionnellement détruit lors d’un test de pression différentielle. Mission réussie. Les ingénieurs ont maintenant les données nécessaires pour concevoir les systèmes de redémarrage du S-IVB.

AS-202 : Le test complet (25 août 1966)

Le 25 août 1966, AS-202 décolle. C’est le deuxième vol suborbital non habité du programme Apollo, mais c’est aussi le plus complet.

Cette fois, le module de commande et de service embarque tous les systèmes : le système de guidage et de navigation, les piles à combustible, le moteur principal du module de service. C’est la première fois qu’on teste ces systèmes en vol.

Le vol dure 1 heure et 33 minutes. La fusée monte jusqu’à 617 kilomètres d’altitude, puis le module de commande se sépare. C’est là que les choses deviennent intéressantes : le moteur du module de service s’allume à quatre reprises pendant le vol. C’est un test crucial : ce moteur devra fonctionner pour les manœuvres orbitales et pour quitter l’orbite lunaire lors des futures missions.

Ensuite, c’est la rentrée atmosphérique. Cette fois, le module de commande rentre à une vitesse plus élevée que lors d’AS-201, simulant les conditions d’une rentrée depuis l’orbite lunaire. Le bouclier thermique est testé dans des conditions plus extrêmes.

Le module amerrit dans l’océan Pacifique et est récupéré. Mission réussie. Tous les systèmes fonctionnent. Le guidage, la navigation, les piles à combustible, le moteur du module de service, le bouclier thermique : tout est validé.

AS-202 prouve que le module de commande Apollo est prêt pour les missions habitées. Les tests non habités sont terminés. La prochaine étape, c’est le premier vol habité.

Pourquoi AS-203 avant AS-202 ?

Tu as peut-être remarqué quelque chose d’étrange : AS-203 a été lancée avant AS-202, alors que la numérotation suggère l’inverse. Pourquoi cette inversion ?

C’est une histoire de retards. AS-202 nécessitait un module de commande et de service complet, avec tous ses systèmes. Mais le CSM n’était pas prêt à temps. Les retards s’accumulaient, et la NASA ne voulait pas perdre de temps.

AS-203, elle, n’avait pas besoin de module de commande. Elle testait uniquement l’étage S-IVB. En avril 1966, la NASA prend une décision pragmatique : inverser l’ordre des missions. AS-203 est prête, elle peut partir. AS-202 attendra que son CSM soit terminé.

C’est un exemple parfait de la flexibilité nécessaire dans un programme spatial. Parfois, il faut adapter le calendrier aux réalités techniques plutôt que de s’entêter dans un ordre prévu. AS-203 part le 5 juillet 1966, AS-202 suit le 25 août 1966. L’ordre chronologique est inversé, mais les objectifs sont atteints.

Trois missions, trois succès

En six mois, entre février et août 1966, la NASA a lancé trois missions de test non habitées. Trois missions qui ont validé les technologies essentielles d’Apollo :

  • AS-201 : Premier vol, validation du concept, révèle des problèmes électriques à corriger
  • AS-203 : Validation du redémarrage du S-IVB en orbite, essentiel pour les missions lunaires
  • AS-202 : Test complet de tous les systèmes, validation du module de commande

Les tests non habités sont terminés. Tout fonctionne. La prochaine mission, AS-204, doit être le premier vol habité. Trois astronautes vont monter à bord : Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee. C’est l’aboutissement de tout ce qui a été préparé depuis 1961.

Mais avant de décoller, il faut faire un dernier test au sol. Un test « plugs-out », où la capsule est fermée, l’atmosphère est d’oxygène pur, et tout fonctionne comme si c’était un vrai vol. C’est une routine, un test de plus dans une longue série de tests.

Mais cette fois, ça ne va pas se passer comme prévu.


Chapitre 2 : Le drame d’AS-204 (27 janvier 1967)

AS-204 : La mission qui devait être le premier vol habité

AS-204 est la prochaine mission sur la liste. C’est celle qui doit être le premier vol habité du programme Apollo. Le lancement est prévu pour le 21 février 1967, dans moins d’un mois. La mission doit tester le module de commande et de service Apollo en orbite terrestre basse pendant jusqu’à 14 jours, selon les performances du vaisseau.

Le vaisseau spatial assigné à cette mission est le CSM-012, une version Block I du module de commande et de service, construite par North American Aviation. C’est une version conçue avant l’adoption de la stratégie d’alunissage par rendez-vous en orbite lunaire, donc elle ne possède pas encore la capacité d’amarrage avec le module lunaire. Mais pour ce premier vol, ce n’est pas nécessaire. L’objectif est de valider le module de commande en orbite terrestre.

L’équipage sélectionné est composé de trois astronautes expérimentés :

  • Virgil « Gus » Grissom : Lieutenant-colonel de l’US Air Force, vétéran des missions Mercury et Gemini. C’est un pilote d’essai chevronné, le deuxième Américain dans l’espace après Alan Shepard.
  • Edward H. White II : Lieutenant-colonel de l’US Air Force, premier Américain à avoir effectué une sortie extravéhiculaire lors de Gemini IV. C’est lui qui avait flotté dans l’espace pendant 23 minutes, attaché par un câble.
  • Roger B. Chaffee : Lieutenant-commandant de l’US Navy, préparant son premier vol spatial. C’est le plus jeune de l’équipage, mais il est brillant et motivé.
L'équipage d'AS-204 (Apollo 1)
Virgil "Gus" Grissom.
Edward H. White II.
Roger B. Chaffee.

Trois hommes, trois parcours différents, mais un objectif commun : être les premiers à voler avec Apollo.

Le test « plugs-out » : Une routine qui tourne au cauchemar

Le 27 janvier 1967, l’équipage se rend au complexe de lancement 34 de Cape Kennedy pour un test au sol. C’est un test « plugs-out », ce qui signifie que le vaisseau fonctionne sur ses propres systèmes internes, sans être connecté aux systèmes au sol. C’est une simulation complète d’un compte à rebours de lancement, mais sans décoller.

Le test commence normalement. Les astronautes montent dans le module de commande, l’écoutille est fermée. L’atmosphère de la cabine est remplie d’oxygène pur, comme ce sera le cas pendant le vol réel. La pression est supérieure à la pression atmosphérique normale, pour simuler les conditions de vol.

C’est une routine. Un test de plus dans une longue série de tests. Les astronautes vérifient les systèmes, communiquent avec le contrôle au sol, tout fonctionne comme prévu.

Mais à 18h31, quelque chose change.

L’incendie : 17 secondes de cauchemar

Une étincelle électrique se produit quelque part dans le module de commande. Dans une atmosphère normale, cette étincelle serait probablement restée sans conséquence. Mais dans une atmosphère d’oxygène pur sous haute pression, c’est une bombe à retardement.

L’étincelle enflamme les matériaux inflammables présents dans la cabine : du velcro utilisé pour fixer les objets, des câbles recouverts de mousse, d’autres matériaux combustibles. Le feu se propage à une vitesse terrifiante. En quelques secondes, la cabine est en feu.

Les communications deviennent inaudibles. Les astronautes crient, mais leurs voix sont étouffées par le bruit et la panique. On entend des mots fragmentés : « Fire », « Get us out », « We’re burning up ». Les trois hommes tentent désespérément d’ouvrir l’écoutille, mais c’est impossible.

L’écoutille du module de commande est conçue pour s’ouvrir vers l’intérieur. C’est une conception qui fonctionne bien en vol, mais qui devient un piège mortel au sol. Sous la pression interne élevée causée par l’incendie, l’écoutille ne peut pas être ouverte rapidement. Il faut d’abord égaliser la pression, mais il n’y a pas de temps.

Au sol, six ingénieurs tentent désespérément d’ouvrir l’écoutille de l’extérieur. Ils se brûlent les mains sur la capsule qui devient brûlante. Mais c’est trop tard. L’incendie se propage si rapidement que les trois astronautes n’ont aucune chance.

17 secondes. C’est le temps qu’il a fallu pour que l’incendie consume la cabine et tue les trois hommes. 17 secondes entre la première étincelle et la mort.

Quand les équipes de secours parviennent enfin à ouvrir l’écoutille, il est trop tard. Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee sont morts, asphyxiés par la fumée et brûlés par les flammes.

Les causes : Une combinaison mortelle

L’enquête qui suit révèle une combinaison de facteurs qui ont transformé un test de routine en tragédie :

  1. L’atmosphère d’oxygène pur sous haute pression : Dans ces conditions, tout matériau devient hautement inflammable. Un simple court-circuit peut déclencher un incendie catastrophique.
  2. Les matériaux inflammables : La cabine contient du velcro, des câbles recouverts de mousse, d’autres matériaux combustibles. Dans une atmosphère normale, ces matériaux ne posent pas de problème. Dans l’oxygène pur, ils deviennent des torches.
  3. Le câblage électrique vulnérable : L’enquête révèle la présence de plusieurs arcs électriques à l’intérieur du module, suggérant un problème lié au câblage électrique. La source exacte de l’étincelle n’a jamais été déterminée avec certitude, mais les indices pointent vers un court-circuit.
  4. L’écoutille : Conçue pour s’ouvrir vers l’intérieur, elle devient un piège mortel sous pression. Il faut plusieurs minutes pour l’ouvrir, alors que l’incendie tue en quelques secondes.
  5. L’absence de préparation aux urgences : Les procédures d’urgence et les équipements de sauvetage sont insuffisants pour faire face à une situation aussi critique.

C’est une combinaison mortelle. Chaque facteur seul aurait pu être gérable, mais ensemble, ils créent une catastrophe.

Le choc : Trois vies perdues

Le choc est immense. Pour la première fois dans l’histoire du programme spatial américain, des astronautes meurent au sol, avant même le décollage. C’est d’autant plus brutal.

Gus Grissom avait survécu à Mercury et Gemini. Ed White avait été le premier Américain à sortir dans l’espace. Roger Chaffee allait faire son premier vol. Trois hommes, trois parcours, trois vies perdues dans un test qui aurait dû être routinier.

La NASA est sous le choc. Le programme Apollo est suspendu. Il faut comprendre ce qui s’est passé, identifier toutes les causes, et tout refaire pour que ça ne se reproduise jamais.

La numérotation qui change : AS-204 devient Apollo 1

Quelques mois après l’accident, en avril 1967, la NASA prend une décision importante. George E. Mueller, administrateur associé de la NASA pour les vols habités, annonce officiellement que AS-204 est renommée Apollo 1 en hommage aux trois astronautes décédés.

Cette décision n’a pas été prise dans l’immédiat. Près de trois mois se sont écoulés entre l’incendie du 27 janvier et l’annonce officielle d’avril. Ce délai suggère qu’il y a eu des discussions, des réflexions, peut-être des consultations avec les familles des astronautes. Les détails exacts de ce processus ne sont pas clairement documentés dans les archives publiques, mais il est probable que la NASA ait souhaité prendre le temps de bien réfléchir à cette décision importante.

C’est un geste de respect, une façon de reconnaître que cette mission, même si elle n’a jamais décollé, mérite d’être honorée. Les trois hommes qui sont morts dans cette capsule méritent que leur mission porte un nom, pas juste un numéro de série.

Mais cette décision crée une situation particulière dans la numérotation des missions Apollo. Les missions AS-201, AS-202 et AS-203 ont bien eu lieu, mais elles n’ont jamais été officiellement rebaptisées Apollo 2 et Apollo 3. Ces numéros restent inoccupés.

Pourquoi ? Parce que ces missions étaient des tests non habités. Elles étaient importantes, mais elles n’avaient pas la même signification qu’un vol habité. Après l’incendie, la NASA décide de réserver les numéros Apollo pour les missions habitées, ou du moins pour les missions qui méritent cette désignation.

Ainsi, la numérotation officielle des missions Apollo saute directement d’Apollo 1 à Apollo 4. Il n’y a pas d’Apollo 2 ni d’Apollo 3. C’est une décision qui peut sembler étrange, mais elle reflète la volonté de la NASA d’honorer l’équipage d’Apollo 1 tout en gardant une numérotation cohérente pour les missions suivantes.

Le programme Apollo va reprendre, mais pas avant d’avoir tout revu, tout corrigé, tout amélioré. Il faut transformer cette tragédie en leçons. Il faut s’assurer que ça ne se reproduira jamais.


Chapitre 3 : La remise à plat (février-août 1967)

L’enquête : Comprendre ce qui s’est passé

Après l’incendie du 27 janvier 1967, la NASA suspend immédiatement tous les vols habités. Le programme Apollo est mis en pause. Il faut comprendre ce qui s’est passé, identifier toutes les causes, et tout refaire.

Une commission d’enquête est mise en place. Son objectif est simple mais crucial : déterminer exactement ce qui a causé l’incendie, identifier tous les problèmes de conception, et proposer des solutions pour que ça ne se reproduise jamais.

L’enquête est approfondie. Elle examine chaque aspect du module de commande : les matériaux utilisés, le câblage électrique, la conception de l’écoutille, l’atmosphère de la cabine, les procédures de sécurité. Rien n’est laissé au hasard.

Les conclusions sont claires : l’incendie a été causé par une combinaison de facteurs qui, pris individuellement, auraient pu être gérables, mais qui, ensemble, ont créé une catastrophe. L’atmosphère d’oxygène pur sous haute pression, les matériaux inflammables, le câblage électrique vulnérable, l’écoutille difficile à ouvrir : tout a contribué à la tragédie.

Mais l’enquête ne se contente pas d’identifier les causes. Elle propose aussi des solutions. Des solutions radicales, qui vont transformer complètement la conception du module de commande Apollo.

Les changements majeurs : Tout refaire pour la sécurité

La NASA décide de tout revoir. Pas de petits ajustements, pas de rustines. Il faut refaire le module de commande pour qu’il soit sûr. Le module Block I, celui qui a brûlé, est abandonné. Tous les efforts se concentrent sur le module Block II, qui doit intégrer toutes les leçons apprises.

Les modifications sont nombreuses et radicales :

1. La nouvelle écoutille

L’écoutille est le changement le plus visible. L’ancienne écoutille s’ouvrait vers l’intérieur, ce qui la rendait impossible à ouvrir rapidement sous pression. La nouvelle écoutille s’ouvre vers l’extérieur. Elle peut être ouverte en quelques secondes, même sous pression. C’est une modification cruciale : en cas d’urgence, les astronautes peuvent maintenant évacuer rapidement.

De plus, la nouvelle écoutille est conçue pour être ouverte de l’intérieur par les astronautes eux-mêmes, sans avoir besoin d’aide extérieure. C’est une autonomie qui peut sauver des vies.

2. Les matériaux non inflammables

Tous les matériaux inflammables sont remplacés. Le velcro est retiré ou remplacé par des alternatives moins inflammables. Les câbles recouverts de mousse sont remplacés par des câbles mieux isolés. Les combinaisons spatiales sont refaites avec des matériaux moins inflammables.

L’intérieur du module de commande est complètement repensé. Chaque matériau est choisi pour sa résistance au feu, pas seulement pour sa fonctionnalité. La sécurité passe avant tout.

3. L’atmosphère de la cabine

C’est peut-être le changement le plus important. Au sol, pendant les tests, l’atmosphère de la cabine n’est plus de l’oxygène pur. Elle est remplacée par un mélange d’azote (60%) et d’oxygène (40%), similaire à l’air que nous respirons sur Terre.

En vol, l’atmosphère reste de l’oxygène pur, mais au sol, pendant les tests, c’est un mélange beaucoup moins inflammable. Pourquoi garder l’oxygène pur en vol ? Parce que les combinaisons spatiales fonctionnent à pression réduite (environ 0,3 à 0,4 bar au lieu de 1 bar) pour rester souples et permettre les mouvements. À cette pression basse, il faut de l’oxygène pur pour maintenir une pression partielle d’oxygène suffisante pour la respiration. Avec un mélange azote/oxygène à basse pression, l’astronaute manquerait d’oxygène. De plus, l’oxygène pur permet d’éliminer l’azote du corps avant les sorties extravéhiculaires, évitant le mal de décompression (comme les plongeurs). C’est un compromis technique : l’oxygène pur est nécessaire en vol, mais dangereux au sol. La solution : mélange au sol, oxygène pur en vol. C’est une mesure de sécurité qui aurait pu sauver les trois hommes.

4. Le câblage électrique

Le câblage électrique est complètement revu. L’isolation est améliorée, les connexions sont mieux protégées, les risques de court-circuit sont réduits au minimum. Chaque fil est vérifié, chaque connexion est sécurisée.

5. Les procédures de sécurité

Les procédures d’urgence sont complètement réécrites. Les équipes au sol sont mieux formées, les équipements de secours sont améliorés, les protocoles d’évacuation sont testés et retestés.

Tout est revu, tout est amélioré, tout est sécurisé.

L’impact sur le programme : Un retard nécessaire

Ces modifications ont un prix : le temps. Le programme Apollo est suspendu pendant 20 mois. Vingt mois sans vol habité, vingt mois à refaire, à tester, à valider.

C’est un retard énorme. Le calendrier initial prévoyait un alunissage avant 1970. Avec ce retard, l’objectif de Kennedy (« We choose to go to the Moon in this decade ») devient plus serré. Mais c’est un retard nécessaire. Il vaut mieux prendre le temps de tout corriger que de risquer une autre tragédie.

Pendant ces 20 mois, les ingénieurs travaillent sans relâche. Ils redessinent, reconstruisent, testent. Chaque modification est validée, chaque amélioration est vérifiée. Rien ne doit être laissé au hasard.

Transformer la tragédie en leçons

Le drame d’Apollo 1 est une tragédie. Trois hommes sont morts. Mais cette tragédie a aussi été une leçon. Une leçon terrible, mais une leçon qui a sauvé des vies.

Toutes les modifications apportées après Apollo 1 ont rendu les missions suivantes beaucoup plus sûres. L’écoutille qui s’ouvre vers l’extérieur, les matériaux non inflammables, l’atmosphère mixte au sol, le câblage amélioré : tout cela a été testé et validé.

Quand Apollo 7, le premier vol habité après Apollo 1, décolle en octobre 1968, il emporte avec lui toutes ces améliorations. Le vaisseau est différent, il est plus sûr, il est meilleur.

Le programme Apollo va reprendre. Mais il va reprendre avec un vaisseau transformé, avec des procédures améliorées, avec une sécurité renforcée. La tragédie d’Apollo 1 ne sera pas vaine. Elle aura transformé le programme Apollo en un programme plus sûr, plus robuste, plus fiable.

Il faut maintenant tester ce nouveau vaisseau. Il faut valider toutes ces modifications. Et pour ça, il faut une fusée. Une fusée capable de lancer ce nouveau vaisseau vers la Lune.


Chapitre 4 : La Saturn V — La fusée qui change tout

La conception : L’œuvre de von Braun

Pendant que la NASA refait le module de commande après Apollo 1, une autre équipe travaille sur quelque chose d’encore plus impressionnant : la Saturn V. C’est la fusée qui doit envoyer Apollo vers la Lune. Et c’est une bête de somme.

La Saturn V est l’œuvre de Wernher von Braun et de son équipe au centre Marshall de la NASA. C’est le projet de sa vie. Depuis qu’il a été exfiltré d’Allemagne avec l’Opération Paperclip (on se souvient de l’épisode 1), von Braun rêve de construire une fusée capable d’aller sur la Lune. La Saturn V, c’est cette fusée.

Mais construire une fusée capable d’envoyer trois hommes vers la Lune, c’est un défi technique colossal. Il faut une puissance énorme, une fiabilité absolue, et une précision chirurgicale.

Les spécifications : Des chiffres qui donnent le vertige

La Saturn V est une fusée monstrueuse. Elle mesure environ 110 mètres de haut (plus haute que la Statue de la Liberté). Elle pèse près de 3000 tonnes au décollage (le poids de trois avions gros porteurs). Et elle développe une poussée de près de 3500 tonnes.

Pour mettre ça en perspective : la Saturn V est la fusée la plus puissante jamais construite (jusqu’à l’arrivée du Space Launch System en 2022). Elle est capable de mettre en orbite terrestre une charge utile de 140 tonnes, soit l’équivalent d’un module de commande Apollo, d’un module lunaire, et de tout le carburant nécessaire pour aller sur la Lune et revenir.

C’est une machine d’une complexité folle. Elle est composée de trois étages principaux, chacun avec son rôle précis :

Le troisième étage (S-IVB) : C’est le « voyageur ». Il met le vaisseau en orbite terrestre, puis, quelques heures plus tard, il se rallume pour propulser Apollo vers la Lune. C’est le même étage que celui testé par AS-203 en 1966.

Le deuxième étage (S-II) : C’est le « sprinteur ». Il prend le relais et propulse la fusée jusqu’à l’orbite terrestre. Il utilise de l’hydrogène liquide et de l’oxygène liquide, des ergols beaucoup plus efficaces mais aussi beaucoup plus difficiles à gérer (l’hydrogène liquide doit être maintenu à -253°C).

Le premier étage (S-IC) : C’est le « déménageur ». Il propulse la fusée depuis le sol jusqu’à environ 60 kilomètres d’altitude. Il brûle du kérosène et de l’oxygène liquide pendant 2 minutes et demie, puis se détache et retombe dans l’océan.

Saturn V lors du décollage d'Apollo 11.

Les moteurs F-1 : Les plus puissants jamais construits

Mais ce qui rend la Saturn V vraiment impressionnante, ce sont ses moteurs. Le premier étage est équipé de cinq moteurs F-1, chacun développant une poussée de 690 tonnes. C’est la puissance de cinq avions de chasse à réaction, concentrée dans un seul moteur.

Le développement des moteurs F-1 a été un cauchemar technique. Ces moteurs sont si puissants qu’ils créent des vibrations destructrices, des problèmes de combustion instable, des surchauffes. Les ingénieurs ont dû résoudre des problèmes que personne n’avait jamais rencontrés avant.

Mais ils y sont arrivés. Les cinq moteurs F-1 du premier étage fonctionnent ensemble, créant une poussée totale de 3500 tonnes. C’est cette puissance qui arrache la Saturn V du sol et la propulse vers le ciel.

Apollo 4 : Le premier vol (9 novembre 1967)

Le 9 novembre 1967, la Saturn V décolle pour la première fois. C’est la mission Apollo 4, le premier vol non habité de la fusée géante.

C’est un moment historique. Pour la première fois, les trois étages de la Saturn V fonctionnent ensemble. Le premier étage propulse la fusée, puis se détache. Le deuxième étage prend le relais, puis se détache. Le troisième étage met le module de commande en orbite, puis se rallume pour simuler une injection vers la Lune.

Le vol dure environ 8 heures et 36 minutes. Le module de commande effectue trois orbites terrestres, puis rentre dans l’atmosphère à haute vitesse pour tester le bouclier thermique. Tout fonctionne parfaitement.

C’est un succès total. La Saturn V fonctionne. Elle est prête.

Apollo 5 : Le test du module lunaire (22 janvier 1968)

Le 22 janvier 1968, c’est au tour d’Apollo 5. Cette mission ne teste pas la Saturn V (elle utilise une fusée Saturn IB plus petite), mais elle teste le module lunaire pour la première fois en vol.

C’est crucial : le module lunaire est l’engin qui doit poser les astronautes sur la Lune. Il faut s’assurer qu’il fonctionne parfaitement avant de risquer des vies humaines.

Apollo 5 teste les systèmes de propulsion du module lunaire, ses capacités de manœuvre, ses systèmes de contrôle. Tout fonctionne. Le module lunaire est prêt.

Apollo 6 : Le dernier test (4 avril 1968)

Le 4 avril 1968, Apollo 6 décolle. C’est le dernier vol non habité avant les missions habitées. Cette fois, la Saturn V doit prouver qu’elle peut effectuer une mission lunaire complète : mise en orbite terrestre, injection vers la Lune, simulation de retour.

Mais cette fois, les choses ne se passent pas parfaitement. Des anomalies techniques apparaissent : des vibrations (appelées « pogo oscillations »), des problèmes avec certains moteurs. La mission atteint ses objectifs principaux, mais révèle des problèmes à corriger.

C’est normal. C’est pour ça qu’on fait des tests : pour trouver les problèmes avant qu’ils ne deviennent critiques. Les ingénieurs analysent les données, identifient les causes, et corrigent les problèmes.

La Saturn V est prête

Malgré les problèmes d’Apollo 6, la Saturn V est prête. Elle a prouvé qu’elle peut fonctionner, qu’elle peut envoyer un vaisseau vers la Lune. Les corrections apportées après Apollo 6 la rendront encore plus fiable.

C’est une machine impressionnante. Une machine qui représente des années de travail, des milliers d’ingénieurs, des milliards de dollars. Une machine qui va permettre à l’humanité d’atteindre la Lune.

Mais avant d’envoyer des hommes vers la Lune, il faut tester le nouveau module de commande en orbite terrestre. Il faut s’assurer que toutes les modifications apportées après Apollo 1 fonctionnent parfaitement. Il faut valider les systèmes avec des astronautes à bord.

C’est l’étape suivante. C’est Apollo 7.


Chapitre 5 : Les tests en orbite — Apollo 7, 8, 9, 10

Apollo 7 : Le retour des humains (11 octobre 1968)

Le 11 octobre 1968, près de 21 mois après l’incendie d’Apollo 1, la NASA renvoie des hommes dans l’espace. C’est Apollo 7, le premier vol habité du programme Apollo.

L’équipage est composé de trois vétérans :

Walter Cunningham : Pilote du module lunaire

Wally Schirra : Commandant, vétéran de Mercury et Gemini

Donn Eisele : Pilote du module de commande

Donn Eisele, Walter Schirra et Walter Cunningham.

C’est une mission en orbite terrestre. Pas de voyage vers la Lune, pas de module lunaire. Juste le module de commande et de service, testé pendant 11 jours en orbite. L’objectif est simple : valider toutes les modifications apportées après Apollo 1. La nouvelle écoutille, les matériaux non inflammables, l’atmosphère mixte au sol, le câblage amélioré : tout doit fonctionner parfaitement.

Et ça fonctionne. Apollo 7 est un succès. Les systèmes fonctionnent, le module de commande est fiable, les astronautes sont en sécurité. C’est la preuve que les modifications apportées après Apollo 1 ont été efficaces.

Mais la mission n’est pas sans tensions. Wally Schirra, le commandant, est un vétéran qui n’hésite pas à contester les décisions du contrôle au sol. Pendant la mission, l’équipage tombe malade : congestion nasale, nez qui coule, yeux qui pleurent. C’est un problème sérieux en apesanteur, où les fluides ne s’écoulent pas naturellement.

Lors de la rentrée atmosphérique, Schirra refuse de porter son casque. Sa raison est simple mais cruciale : avec sa congestion, il a besoin de pouvoir se moucher et de sécher ses yeux. Avec le casque fermé, c’est impossible. Il risque de s’étouffer ou de ne plus voir à cause des larmes. C’est un risque qu’il préfère prendre plutôt que de risquer de ne pas pouvoir respirer ou voir correctement pendant la rentrée.

Le contrôle au sol n’est pas content. Les procédures de sécurité exigent le port du casque pendant la rentrée. Mais Schirra tient bon. Il connaît son métier, il connaît les risques, et il estime que le risque de ne pas porter le casque est moindre que celui de le porter avec sa congestion. L’équipage rentre sans casque. Tout se passe bien, mais cet incident crée des frictions avec la NASA. Malgré ces tensions, la mission est un succès technique.

Apollo 7 prouve que le module de commande Apollo est prêt. Il est temps de passer à l’étape suivante : quitter l’orbite terrestre et aller vers la Lune.

Apollo 8 : Le premier voyage vers la Lune (21 décembre 1968)

Le 21 décembre 1968, Apollo 8 décolle. C’est une mission historique : la première fois que des humains quittent l’orbite terrestre et partent vers la Lune.

L’équipage est composé de :

Bill Anders : Pilote du module lunaire

Frank Borman : Commandant

Jim Lovell : Pilote du module de commande (futur commandant d’Apollo 13)

William Anders, James Lovell et Frank Borman.

La mission est audacieuse. Initialement, Apollo 8 devait tester le module lunaire en orbite terrestre. Mais le module lunaire n’est pas prêt. La NASA décide de changer les plans : au lieu d’attendre, Apollo 8 va directement vers la Lune, sans module lunaire. C’est un pari risqué, mais c’est aussi une opportunité de devancer les Soviétiques.

Le voyage dure trois jours. Le 24 décembre 1968, Apollo 8 entre en orbite lunaire. Pour la première fois dans l’histoire, des humains voient la face cachée de la Lune de leurs propres yeux. Ils effectuent dix orbites autour de la Lune, photographient la surface, préparent le terrain pour les futurs alunissages.

Mais c’est une autre photo qui va marquer l’histoire. Le 24 décembre, pendant une orbite, Bill Anders prend une photo qui va devenir légendaire : « Earthrise » (le lever de Terre). C’est la première photo de la Terre depuis la Lune. Une petite boule bleue et blanche, fragile, suspendue dans le noir de l’espace. C’est une image qui va changer la façon dont l’humanité se voit elle-même.

Le 25 décembre 1968, Apollo 8 quitte l’orbite lunaire et entame le retour vers la Terre. L’équipage lit un passage de la Genèse à la radio, un message de paix pour Noël. Trois jours plus tard, ils amerissent dans l’océan Pacifique.

Apollo 8 est un succès total. Pour la première fois, des humains ont quitté l’orbite terrestre, ont orbité autour de la Lune, et sont revenus. C’est la preuve que le voyage vers la Lune est possible. Il ne reste plus qu’une étape : tester le module lunaire.

Apollo 9 : Le test du module lunaire (3 mars 1969)

Le 3 mars 1969, Apollo 9 décolle. Cette fois, c’est le test complet : le module de commande et le module lunaire, en orbite terrestre.

L’équipage est composé de :

Rusty Schweickart : Pilote du module lunaire

James McDivitt : Commandant

David Scott : Pilote du module de commande

James McDivitt, David Scott et Russell Schweickart

C’est une mission complexe. Il faut tester le module lunaire en conditions réelles, faire des manœuvres de rendez-vous, des amarrages, des séparations. Il faut aussi tester les combinaisons spatiales pour les sorties extravéhiculaires.

Le 6 mars, Rusty Schweickart effectue une sortie extravéhiculaire. C’est la première fois qu’un astronaute sort du module lunaire dans l’espace. Il teste la combinaison, les systèmes de support de vie, les procédures. Tout fonctionne.

Ensuite, c’est le test crucial : le module lunaire se sépare du module de commande, s’éloigne, puis revient s’amarrer. C’est une répétition de ce qui devra se passer lors d’un alunissage réel. Le module lunaire fonctionne parfaitement. Les systèmes de propulsion, de navigation, d’amarrage : tout est validé.

Apollo 9 est un succès. Le module lunaire est prêt. Il ne reste plus qu’une dernière étape : tester le tout en orbite lunaire.

Apollo 10 : La répétition générale (18 mai 1969)

Le 18 mai 1969, Apollo 10 décolle. C’est la répétition générale avant Apollo 11. Tout doit être testé en conditions réelles, en orbite lunaire.

L’équipage est composé de :

Gene Cernan : Pilote du module lunaire (futur commandant d’Apollo 17)

Tom Stafford : Commandant

John Young : Pilote du module de commande (futur commandant d’Apollo 16)

Gene Cernan, Thomas Stafford et John W. Young.

La mission suit exactement le scénario d’Apollo 11, sauf l’atterrissage.

L’équipage donne des noms à leurs vaisseaux : le module de commande s’appelle « Charlie Brown » et le module lunaire « Snoopy », en référence aux personnages de la bande dessinée « Peanuts » de Charles Schulz.

Mais c’est un choix qui ne plaît pas à tout le monde à la NASA. Certains responsables estiment que ces noms de personnages de bande dessinée ne sont pas assez sérieux pour une mission aussi importante. Après Apollo 10, la NASA met en place une politique plus stricte pour les noms des vaisseaux : ils doivent être plus formels, plus solennels. C’est pour ça qu’Apollo 11 aura des noms plus sérieux : « Columbia » pour le module de commande et « Eagle » pour le module lunaire.

Le 22 mai, Stafford et Cernan descendent dans le module lunaire « Snoopy ». Ils se séparent du module de commande « Charlie Brown », descendent jusqu’à 15,6 kilomètres de la surface lunaire, testent tous les systèmes. Tout fonctionne parfaitement. Ils remontent, s’amarrent au module de commande, et retournent vers la Terre.

Apollo 10 est un succès total. Tous les systèmes sont validés. Toutes les procédures sont testées. Tout est prêt.

Il ne reste plus qu’une dernière mission. Une mission qui va changer l’histoire. Une mission qui va poser des hommes sur la Lune pour la première fois.

C’est Apollo 11.


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