Épisode 4 : Les Premières Tentatives (1958-1961)
Les épisodes précédents :
– Épisode 1 : Les Fondations (1945-1957)
– Épisode 2 : Le Choc (Octobre 1957)
– Épisode 3 : La Réponse Chaotique (1957-1958)

Introduction : On a l’agence, il manque le reste
Tu te souviens où on s’était laissés ? Fin 1958. L’Oncle Sam avait enfin arrêté de se tirer une balle dans le pied. Fini la guerre des chefs entre l’Armée et la Navy : la NASA était née. Eisenhower avait signé le papier, récupéré les clés du laboratoire, et mis tout le monde sous la même bannière.
Sur le papier, c’est beau. L’Amérique a une agence spatiale civile, des budgets, et même Wernher von Braun (qui a fini par accepter de bosser pour des civils). On pourrait croire que la voie est libre pour aller sur la Lune.
Sauf qu’il y a un petit problème : avoir une agence, c’est bien. Avoir des fusées qui ne s’écrasent pas, c’est mieux.
Bienvenue dans l’âge ingrat de la NASA. Cette période charnière (1958-1960) où l’Amérique tente désespérément de transformer l’essai d’Explorer 1, mais où la physique (et la poisse) semble s’acharner.
Dans cet épisode, on va voir des robots kamikazes, on va rencontrer sept types en combinaisons argentées qui se prennent pour des rockstars, et surtout, on va analyser le vol le plus ridicule de l’histoire de l’aéronautique.
Installe-toi, on retourne sur le pas de tir.
Chapitre 1 : Le Cimetière des Robots (Le programme Pioneer)
Avant de sangler un être humain au sommet d’une chandelle remplie d’explosifs, la NASA, dans un élan de lucidité (et d’éthique), s’est dit : « Et si on essayait d’abord de viser la Lune avec un robot ? ».
C’est la logique du « Canari dans la mine ». Si le robot survit au voyage, on envisagera d’y envoyer un pilote. Si le robot finit en confettis au-dessus de la Floride, on aura économisé une veuve et une pension militaire.
C’est ainsi que naît le programme Pioneer (littéralement « Pionnier »). Sur le papier, le plan est ambitieux mais simple : envoyer une sonde bourrée d’instruments scientifiques pour soit survoler la Lune, soit (le Graal) se mettre en orbite autour.
La réalité ? Ce fut un carnage mécanique.

La série noire de l’Oncle Sam
Si tu as l’image d’une NASA infaillible, avec ses salles de contrôle blanches et ses ingénieurs à lunettes qui applaudissent poliment, oublie tout. Entre 1958 et 1960, Cap Canaveral ressemble moins à un port spatial qu’à un stand de tir de fête foraine où personne ne gagne la peluche.
Regardons le palmarès de l’horreur. C’est presque comique si on oublie le prix des fusées :
- Pioneer 0 (Août 1958) : La première tentative historique. L’ambiance est électrique. La fusée Thor-Able décolle… et explose après 77 secondes. Elle n’a même pas quitté l’atmosphère.
- Pioneer 1 (Octobre 1958) : Celle-là, c’est la « fausse joie ». Le décollage est bon ! La NASA exulte. Sauf qu’on réalise vite que la fusée n’a pas atteint la vitesse de libération (les fameux 11,2 km/s nécessaires pour s’arracher définitivement à la gravité terrestre). La sonde monte très haut (113 000 km, un tiers du chemin vers la Lune), fait un petit coucou au vide spatial, puis retombe comme une pierre et brûle dans l’atmosphère au-dessus du Pacifique sud.
- Pioneer 2 (Novembre 1958) : Le troisième étage refuse tout simplement de s’allumer. La sonde fait un petit saut de puce de 1 500 km, mais n’atteint même pas le sol : elle se désintègre totalement et brûle dans l’atmosphère au-dessus de l’Afrique. Pas de débris, juste de la vapeur de métal.
- Pioneer 3 (Décembre 1958) : On change de fusée (on passe à la Juno II de von Braun). Résultat ? Panne moteur précoce. La sonde monte, s’essouffle, et retombe. Encore.
À ce stade, les ingénieurs ne cherchent même plus à atteindre la Lune, ils cherchent juste à ce que le truc ne leur retombe pas sur la tête. C’est l’apprentissage par l’échec, version brutale.
Pendant ce temps, à Moscou…
Le plus douloureux pour les Américains, ce n’est pas l’échec. C’est la comparaison. Car pendant que la NASA arrose les océans avec ses débris, l’URSS enchaîne les premières avec une insolence incroyable.
Le programme soviétique Luna est un rouleau compresseur :
- Luna 1 (Janvier 1959) : Elle rate la Lune de peu (une erreur de calcul), mais elle a tellement de vitesse qu’elle s’échappe définitivement de la Terre pour tourner autour du Soleil. C’est le premier objet humain à devenir une « planète artificielle ».
- Luna 2 (Septembre 1959) : Le coup de maître. La sonde fonce droit sur la Lune et s’y écrase volontairement. BAM. Premier impact sur un autre corps céleste. Les Soviétiques ont même mis des petites sphères métalliques gravées avec la faucille et le marteau, qui se sont dispersées à l’impact. L’URSS a littéralement « marqué son territoire » avant tout le monde.
- Luna 3 (Octobre 1959) : L’humiliation finale. La sonde contourne la Lune et prend une photo (floue et granuleuse) de la Face Cachée. C’est la première fois de l’Histoire de l’Humanité que l’on voit le dos de notre satellite.

Imaginez l’ambiance à Washington. Les Russes nous envoient des cartes postales de l’autre côté de la Lune, et nous, on n’arrive pas à dépasser l’orbite terrestre sans que quelque chose prenne feu.
La petite victoire (en demi-teinte)
Il faudra attendre mars 1959 pour que les Américains sauvent (un peu) la face avec Pioneer 4. C’est un succès… relatif. La sonde réussit enfin à échapper à la gravité terrestre ! Elle passe à côté de la Lune (à 60 000 km, ce qui est quand même très loin. C’est un peu comme viser une cible de fléchettes et planter la fléchette dans le mur du voisin), mais elle ne retombe pas.
C’est une victoire modeste, mais cruciale. Elle prouve que les États-Unis peuvent envoyer un objet dans l’espace lointain.
Au final, ce « cimetière de robots » n’a pas été inutile. D’abord, Pioneer 1 et 3 ont permis (par hasard, en traversant la zone) de confirmer l’existence des ceintures de radiation de Van Allen autour de la Terre. Une découverte majeure : on sait maintenant que l’espace autour de nous est radioactif et dangereux. Ensuite, la NASA a appris à suivre des objets à des distances folles grâce au « Deep Space Network« , un réseau d’antennes géantes.
Mais la leçon principale de ce chapitre est effrayante : la technologie des fusées est tout sauf fiable. Une fusée sur deux explose ou dysfonctionne.
Et c’est précisément le moment que choisit la NASA pour dire : « Bon, les robots c’est bien gentil, mais maintenant on va mettre un homme là-dessus. »
Démentiel ? Absolument. Bienvenue dans le programme Mercury.
Chapitre 2 : L’Étoffe des Héros (et des lavements)
Pendant que les robots Pioneer s’écrasent joyeusement, la NASA lance en parallèle le Projet Mercury. L’objectif est simple, terrifiant et purement politique : mettre un Américain en orbite avant qu’un Russe n’y arrive, et le ramener vivant (optionnel, mais préférable).
Mais qui est assez fou pour s’asseoir au sommet d’une fusée qui a, statistiquement, une chance sur deux d’exploser ?
La NASA se tourne vers ceux qui ont l’habitude de tutoyer la mort au petit-déjeuner : les pilotes d’essai militaires.
Le Casting de l’Enfer
L’agence épluche les dossiers de 508 pilotes d’élite. Les critères sont draconiens, et parfois surprenants :
- L’âge : Moins de 40 ans.
- Le physique : Une santé de fer.
- La taille : Moins de 1m80. Pourquoi ? Pas pour des raisons aérodynamiques, mais parce que la capsule Mercury est minuscule. C’est littéralement une poubelle de l’espace où l’on rentre au chausse-pied. Si tu es grand, tu ne rentres pas.
Sur les 508, ils en gardent 110, puis 32 finalistes. Ces 32 malheureux sont envoyés à la clinique Lovelace à Albuquerque pour subir ce qui reste, encore aujourd’hui, l’examen médical le plus humiliant et brutal de l’histoire.
Bienvenue à la Clinique Lovelace
Les médecins de la NASA ne savent pas ce que l’espace fait au corps humain. Alors, dans le doute, ils testent tout. Vraiment tout.
Si tu penses que ta visite médicale du travail est pénible, regarde ce que ces pilotes ont subi pendant une semaine :
- Le supplice de l’eau glacée : On leur injecte de l’eau gelée directement dans l’oreille interne pour provoquer un vertige artificiel et tester leur résistance au mal de mer. Beaucoup vomissent instantanément.
- La sonde de l’infini : On leur insère des thermomètres rectaux, des sondes gastriques, et on leur fait subir des lavements au baryum à répétition. Un candidat dira plus tard : « Si vous aviez un trou dans le corps, ils trouvaient quelque chose à mettre dedans. »
- L’isolement : On les enferme dans des chambres noires et insonorisées pendant des heures pour voir s’ils craquent psychologiquement.
- L’épreuve de la chaleur : On les cuit dans une chambre à 54°C pendant deux heures.
- L’épreuve du bruit : On les bombarde de sons à haute fréquence pour tester leurs tympans.
- Le MASTIF (ou « Gimbal Rig »). Le but était de désorienter l’astronaute sur trois axes en même temps. Rien qu’à regarder la vidéo, on a envie de vomir.
C’était de la torture légalisée. Mais ils ont tenu. Ils voulaient tellement voler qu’ils auraient accepté de se faire couper un bras.
Les « Mercury Seven » : La naissance des Rockstars
Le 9 avril 1959, la NASA présente les survivants à la presse. Ils sont sept. Alan Shepard, Gus Grissom, John Glenn, Scott Carpenter, Wally Schirra, Gordon Cooper et Deke Slayton.
Du jour au lendemain, le monde change pour eux. Avant même d’avoir quitté le sol, avant même d’avoir vu leur fusée, ils deviennent des héros nationaux. L’Amérique a besoin de visages pour incarner l’espoir face aux Soviétiques.
- Ils signent un contrat d’exclusivité avec le magazine Life pour 500 000 $ pour raconter leur vie de famille parfaite.
- Ils reçoivent des Chevrolet Corvette pour 1 dollar symbolique (un coup pub d’un concessionnaire qui deviendra une tradition).
- Ils sont beaux, ils portent des combinaisons argentées brillantes (pour mieux réfléchir la chaleur, mais surtout parce que ça fait futuriste sur les photos), et ils parlent avec ce calme olympien des pilotes d’essai.
C’est l’âge d’or des astronautes. Ils sont traités comme des stars de cinéma. On leur pardonne tout, on les adule.
Il n’y a qu’un seul petit problème dans ce tableau idyllique : ils sont prêts, ils sont entraînés, ils sont célèbres… mais ils n’ont toujours pas de fusée qui marche.
Et le premier essai de leur véhicule, la fusée Mercury-Redstone, va être l’un des gags les plus célèbres de la conquête spatiale.

Chapitre 3 : Le ridicule ne tue pas !
Nous sommes le 21 novembre 1960. C’est un matin clair et frais à Cap Canaveral.
L’ambiance est lourde. Après les échecs de Pioneer, la NASA joue sa crédibilité. Sur le pas de tir LC-5 se dresse la fusée Mercury-Redstone 1 (MR-1). C’est la fusée « Haut de Gamme ». Ce n’est plus un bricolage, c’est le véhicule qui doit emmener les hommes dans l’espace. Pour ce premier vol, la capsule est vide, mais tout le monde retient son souffle. Alan Shepard regarde depuis le bunker, imaginant que ce sera bientôt son tour.
Le compte à rebours se déroule sans accroc.
- T-10 secondes…
- T-3… 2… 1…
- Mise à feu !
Le moteur rugit, la fumée blanche inonde le pas de tir, les attaches sautent… et l’Histoire s’écrit. Ou pas.
Une ascension… surprenante
La fusée s’élève majestueusement, dans un grondement de tonnerre, jusqu’à l’altitude vertigineuse de… 10 centimètres (4 pouces).
À cet instant précis, le moteur s’éteint brutalement. N’ayant plus de poussée, la fusée, lourde de ses 25 tonnes de carburant, retombe sur le pas de tir. Elle atterrit pile à sa place initiale, se tordant légèrement sur ses ailerons comme pour s’installer confortablement, mais elle ne tombe pas. Elle reste là, immobile, au milieu de sa propre fumée.
Dans le centre de contrôle, c’est la sidération. « Qu’est-ce qui vient de se passer ? »
Mais le spectacle ne fait que commencer. La fusée est vivante, et elle est complètement confuse.
La réaction en chaîne « Tex Avery »
L’ordinateur de bord, bien que primitif, essaie de comprendre la situation. Et sa logique est implacable :
- L’éjection de la Tour : Les capteurs détectent que le moteur s’est arrêté. La fusée « pense » donc que le vol est fini ou qu’il y a un problème critique. La Tour de Sauvetage (la petite fusée rouge pointue au sommet, censée arracher la capsule en cas d’explosion) s’allume instantanément.
- Résultat : La tour décolle toute seule comme une flèche, montant à 1 200 mètres d’altitude, laissant la capsule et la fusée plantées au sol comme des idiotes.
- La « Rentrée » atmosphérique : La capsule Mercury, restée au sol, voit la tour partir. Ses baromètres lui indiquent que l’altitude redescend (la tour s’éloigne). Elle en déduit : « Ah, je suis en train de redescendre vers la Terre, il faut freiner ! ».
- Résultat : Trois secondes plus tard, la capsule éjecte son petit parachute stabilisateur.
- L’atterrissage : La capsule calcule qu’elle est proche du sol (ce qui est vrai, elle est sur le sol). Elle déploie donc son parachute principal.
- Résultat : Le magnifique parachute orange et blanc sort et, n’ayant pas de vent pour le porter, retombe mollement le long de la fusée.
- Résultat : Le magnifique parachute orange et blanc sort et, n’ayant pas de vent pour le porter, retombe mollement le long de la fusée.
La situation devient critique
L’image est hilarante : une fusée immobile, décapitée de sa pointe, et ses petits parachutes pendants. On dirait un gag.
Mais dans le bunker, les ingénieurs sont livides. Personne ne rit. Pourquoi ? Parce qu’ils ont sous les yeux la bombe la plus instable du monde.
- La fusée est remplie à 100% d’oxygène liquide et de kérosène.
- Elle n’est plus attachée au sol (les verrous ont sauté au décollage).
- Elle est « armée » électriquement.
- Et le pire : le vent commence à se lever.
Le vent commence à gonfler le parachute. Si le parachute tire trop fort, il va faire basculer la fusée. Si elle tombe, elle explose, et elle rase le complexe de lancement.
Le directeur de vol, Chris Kraft, hurle pour qu’on trouve une solution.
- « On envoie quelqu’un couper les câbles du parachute ? »
- « Hors de question. Si le gars marche trop fort ou fait une étincelle, tout saute. C’est une mission suicide. »
- « On tire sur les réservoirs au fusil pour les vider ? » (Oui, cette option a vraiment été proposée).
- « Trop risqué. »
Il n’y a qu’une seule solution : attendre. Ils ont dû attendre le lendemain matin, que l’oxygène liquide s’évapore naturellement et que les batteries se vident, pour oser s’approcher de la bête.
Le coupable ? Une prise.
L’enquête révélera la cause de ce fiasco monumental. C’était un problème de câble. Au décollage, deux câbles relient la fusée au sol :
- Un câble d’alimentation.
- Un câble de contrôle.
Le câble de contrôle doit se débrancher après le câble d’alimentation pour dire à la fusée : « C’est bon, tu es libre, fonce ! ». Mais sur cette fusée, le câble de contrôle était trop court. Juste un tout petit peu trop court. Il s’est débranché 29 millisecondes avant l’autre.
L’ordinateur a interprété cette micro-coupure comme un signal d’arrêt d’urgence. Il a coupé le moteur alors que la fusée venait juste de quitter le sol.
Bilan : La Conquête Spatiale ne tient parfois qu’à un fil… ou plutôt, à la longueur d’un fil. Mais pour les astronautes qui regardaient la scène, le message était clair : « Heureusement qu’on n’était pas dedans. »
Conclusion : La course contre la montre
Fin 1960. Après le gag de la fusée qui saute de 10 centimètres, la NASA ne rit plus du tout.
Les ingénieurs cravachent. La fusée est réparée, les câbles sont rallongés, et le vol suivant (MR-1A) est un succès total. La machine est relancée. Le 31 janvier 1961, pour être bien sûr que la capsule est vivable, la NASA envoie un dernier éclaireur : Ham le chimpanzé.
Ham décolle, subit 17g (17 fois son poids !) à cause d’une trajectoire un peu trop pentue, et amerrit dans l’Atlantique un peu secoué, mais vivant. Il accepte une pomme des mains des sauveteurs. La preuve est faite : on peut survivre à ce vol.

Le choix fatal
Alan Shepard, choisi pour être le premier Américain dans l’espace, est dans les starting-blocks. Il est prêt. La fusée est prête. Nous sommes en février 1961. Si la NASA lance Shepard maintenant, l’Amérique gagne la course.
Mais Wernher von Braun, le directeur du centre Marshall, est un perfectionniste (ou un anxieux, selon le point de vue). Il trouve que la fusée Redstone a eu quelques « soubresauts » mineurs pendant le vol du singe. Contre l’avis des astronautes qui hurlent de rage et veulent partir tout de suite, von Braun impose un dernier vol d’essai à vide en mars, juste « pour être sûr ».
Ce vol sera un succès parfait. Une perte de temps inutile. Mais ce mois de délai va coûter cher. Très cher.
Le silence de l’Est
Pendant que les Américains débattent de leurs plannings au grand jour, à 10 000 km de là, dans la steppe glaciale du Kazakhstan, il n’y a pas de débats. Il y a des ordres.
Sergueï Korolev, le « Constructeur en Chef » du programme soviétique, sait que les Américains visent le mois de mai. Il a lu les journaux. Il a sa fusée, la R-7 (bien plus puissante que la Redstone américaine). Il a son vaisseau, le Vostok (une boule de métal bien plus grosse que la capsule Mercury). Et il a choisi son pilote. Un jeune lieutenant de 27 ans, fils de charpentier, avec un sourire capable de faire fondre la Guerre Froide.
Korolev fixe la date. Ce ne sera pas mai. Ce sera avril.
L’Amérique pense avoir gagné la course parce qu’elle court seule sur la piste visible. Elle a oublié de regarder dans les coulisses.
Le monde s’apprête à changer de dimension…