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T'inquiète, j't'explique !

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Les Léonides : La tempête qui a fait croire à la fin du Monde.

13 novembre 1833. Deux heures du mat’, aux États-Unis. 

Tu te réveilles, tu regardes dehors. Et le ciel te tombe (littéralement) sur la tête. Ce ne sont pas 10 ou 20 étoiles filantes… c’est un déluge. Des témoins rapporteront jusqu’à 100 000 météores par heure zébrant le ciel. C’est la panique générale. Les gens sortent dans les rues, prient, pensent que les étoiles se décrochent du firmament. C’est la Fin du Monde.
… Sauf que non. C’était juste les Léonides.

(Pour info, on estime qu’il nous tombe 100 tonnes de poussière cosmique dessus chaque jour sans qu’on s’en aperçoive. Mais cette nuit-là, c’était… différent. T’inquiète, j’t’explique !)

Partie 1 : L’Enquête. 

Après la panique de 1833 (et une fois le Soleil revenu), les premiers « scientifiques » se sont demandé : mais c’était QUOI, ces « trucs » ? Ça a lancé la science des météores.

Pour briller en société, voici le dico rapide :

  • Météore (ou « Étoile Filante ») : C’est le flash lumineux. L’analogie, c’est un grain de sable (ou un petit pois) qui frappe l’atmosphère à une vitesse folle et qui brûle. C’est 99% de ce qu’on voit.
  • Bolide : C’est le grand frère. Un « super-météore » (taille pamplemousse ou plus) qui devient plus brillant que la planète Vénus. C’est ce que les gens de 1833 ont vu par milliers.
  • Météorite : C’est le « survivant ». Le caillou qui a réussi à traverser l’atmosphère et à s’écraser au sol.

Ce qu’on a vu en 1833 (et ce qu’on chasse cette semaine), ce sont donc des météores et des bolides. Ce ne sont JAMAIS des météorites : la poussière de comète est bien trop fine pour survivre au voyage !

Partie 2 : La Piste du « Coupable ».

Après la panique de 1833, un astronome américain, Denison Olmsted, s’est transformé en « enquêteur ». Il a collecté des milliers de témoignages et a compris un truc de génie : toutes les « étoiles » semblaient provenir d’un seul et même point dans le ciel (ce qu’on appelle le « radiant »).

Et ce point… il se trouvait pile dans la constellation du Lion (en latin, Leo). C’est pourquoi on les a appelées les « Léonides » (« les filles du Lion ») !

En creusant encore, d’autres ont fait le lien : mais… ça revient ! C’est un phénomène périodique ! Ils ont découvert le cycle de 33 ans, lié au passage de la comète « mère », Tempel-Tuttle, qui « recharge » l’orbite en poussière fraîche tous les 33 ans.
Cette découverte a tout changé. C’était la clé ! Les astronomes se sont mis à chercher les « parents » des autres grandes pluies.

Voici le « Hit-Parade » des pluies les plus connues :

  • Les Perséides (Août) : Les « Stars de l’Été » Tu les connais, ce sont les plus fiables. On a trouvé leur maman : la comète 109P/Swift-Tuttle. C’est un monstre de 26 km de large qui repasse tous les 133 ans (dernier passage en 1992). Son nuage de poussière est si large que notre « collision par l’arrière » (la Terre qui rattrape la poussière) donne un super spectacle garanti chaque été.
  • Les Géminides (Décembre) : Le « Cas Bizarre » C’est le « punk » du groupe. On a trouvé le parent : 3200 Phaethon. Mais ce n’est pas une comète ! C’est un astéroïde, une « comète éteinte ». Son orbite est minuscule (il passe tous les 1,4 ans) et si proche du Soleil qu’il a été « cuit ». Toute sa glace est partie. Ce qu’on frappe en décembre, ce n’est pas de la « poussière » de glace, c’est du « gravier » de roche qui s’est fissuré avec la chaleur. C’est pour ça qu’elles sont souvent plus denses et colorées !
  • Les Léonides (Novembre) : Le « TGV » Et enfin, nos Léonides ! Elles, c’est le « TGV » du système solaire. On ne rattrape rien, on leur fonce dedans en « Collision Frontale » ! C’est ce qui explique leur vitesse folle (on y revient juste après) et leur fameux cycle de tempête de 33 ans.

Pourquoi Les Léonides arrivent cette année le 16 et pas le 13 ?

Pourquoi la « fin du monde » c’était le 13 novembre 1833, et nous, on attend le pic le 16-17 ?

C’est parce que le « fleuve de poussière » n’est pas fixe. À cause de l’attraction des grosses planètes (salut Jupiter !), ce nuage « glisse » très lentement dans l’espace. En 192 ans, ce glissement a décalé notre point de rendez-vous de 3 jours !

Partie 3 : L’Arme du Crime 

OK, on a le coupable (la comète) et son cycle (33 ans). Mais ça n’explique pas pourquoi la tempête de 1833 était si brillante, si rapide et si colorée.
La réponse ? Les Léonides, ce n’est pas une simple pluie. C’est une collision frontale.

A) La « Collision Frontale » (Le TGV du Système Solaire)

Pour la plupart des pluies (comme les Perséides), la Terre rattrape la poussière. C’est une petite tape à l’arrière.

Les Léonides, c’est l’inverse : le nuage de poussière arrive en sens inverse sur notre orbite. On lui fonce dedans !

Résultat : on combine notre vitesse à celle du nuage. L’impact se fait à 71 kilomètres par SECONDE ! (Plus de 250 000 km/h). C’est la pluie la plus rapide de toutes, et cette énergie folle explique tout le reste.

B) Les Couleurs (La « Signature Chimique »)

Quand un grain frappe l’air à 71 km/s, il ne « brûle » pas : il se vaporise instantanément. Et comme en chimie, chaque élément vaporisé émet sa propre couleur. C’est la « carte d’identité » du grain de poussière !

Les témoins de 1833 (et nous aujourd’hui) ont vu un véritable arc-en-ciel chimique :

  • Orange/Jaune = Sodium (Na)
  • Vert = Magnésium (Mg)
  • Violet = Calcium (Ca)
  • Bleu = Fer (Fe)
  • Rouge = L’azote (N) et l’oxygène (O) de notre propre atmosphère qui « flambent » !

C) Les « Traînées » (La Cicatrice Électrique)

Parfois, la traînée reste dans le ciel après le passage du météore. C’est le « bonus » des Léonides.

L’impact est si violent qu’il ionise l’air : il arrache les électrons aux atomes de l’atmosphère. La lueur fantomatique qui persiste, c’est la « cicatrice » électrique ! C’est l’air qui « brille » en essayant de récupérer ses électrons. C’est la preuve ultime de la vitesse folle de l’impact.

Partie 4 : Le Tuto Honnête (Et 2025, alors ?) 

Bon, est-ce qu’on doit paniquer et s’attendre à la Fin du Monde ce week-end (16-17 novembre) ?

Réponse courte : NON. (Désolé !)

On n’est pas dans une année « tempête ». Celles-là n’arrivent que tous les 33 ans, juste après le passage de la comète (la prochaine, c’est pour 2033-2034 !). Cette année, on traverse juste le « vieux » nuage de poussière habituel.

ET… on a un « Méchant » dans l’histoire cette année.

Le pic des Léonides, c’est la nuit du 16 au 17 novembre. La Pleine Lune… c’est le 15 novembre.

Ça veut dire qu’on va avoir une lune quasi pleine (à 99% !) qui va briller comme un lampadaire TOUTE LA NUIT. C’est l’ennemi juré de l’observation : elle va « laver » le ciel de sa lumière et masquer toutes les étoiles filantes, sauf les plus brillantes (les « bolides »).

C’est le guide honnête : il faut s’attendre à n’en voir que très peu, mais les Léonides sont si rapides qu’un seul bolide peut valoir le coup d’œil !

Le Tuto (Doudoune obligatoire)

Si t’es un guerrier et que tu veux tenter quand même (on te comprend !) :

  • LE MATOS : Laisse tomber les jumelles et le télescope ! C’est beaucoup trop rapide. Ton meilleur équipement : un transat, un sac de couchage (à 2h du mat’ en novembre, ça va CAILLER !), et TES YEUX.
  • QUAND ? Le pic est dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 novembre. Le meilleur moment est toujours après minuit (vers 2h-3h du matin), quand la constellation du Lion (le radiant) est bien haute.
  • OÙ ? LOIN de toute pollution lumineuse. Regarde globalement vers l’Est / Sud-Est (là où se lève le Lion), mais en vrai, le mieux est de balayer une large zone du ciel.

Conclusion : Alors, on panique ou pas ? 

Non, tu peux ranger ta pancarte « La Fin est Proche » ! (Désolé !)

On sait maintenant que 2025 n’est pas une année « tempête ». Mais surtout, on a le « méchant » de l’histoire : la Lune quasi pleine, qui va nous gâcher la fête et ne laissera passer que les plus gros bolides.

Mais l’histoire des Léonides, c’est la preuve parfaite de l’importance de la science :

C’est grâce à la panique totale de 1833 qu’on a compris ce qu’était une étoile filante. On leur doit tout !

Alors ce week-end, si tu sors (bien couvert !) et que tu as la chance de voir un de ces TGV de l’espace fendre le ciel en vert… tu ne verras pas « juste » une étoile filante. Tu verras une poussière de la comète Tempel-Tuttle, chargée de Magnésium, qui nous frappe de face à 71 km/s.

Et ça, c’est quand même la classe.

Bonus : Et la photo ?

Si t’es assez fou pour tenter de photographier un bolide (c’est très dur, ça va trop vite !), les réglages de base (trépied, pose longue, ISO élevé) sont les mêmes que pour les aurores… et on en parle dans cet article !

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